Ultra grand-angle Sony : le 12-24 mm f/4 G à 1 749 € face au 16-35 GM II et au Sigma 14-24 Art
Le zoom ultra grand-angle Sony FE 12-24 mm f/4 G est relevé à 1 749 €. Sauf qu'à ce tarif il coûte plus cher que le 16-35 mm f/2,8 GM II et près du double du Sigma 14-24 mm f/2,8 Art. La rédac compare les trois, chiffres de champ à l'appui, et dit dans quels cas les 12 mm valent la facture.
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Le Sony FE 12-24 mm f/4 G revient dans les radars des bons plans, affiché à 1 749 € contre 1 999 € de tarif de référence (relevé du 13 septembre 2026 — à revérifier avant achat). Sur le papier : 12 mm, 122 degrés d'angle diagonal en plein format, 565 g. De quoi faire entrer une nef entière dans le cadre sans reculer jusqu'au trottoir d'en face.
Une précision d'emblée, car on lit souvent le contraire : ce n'est pas le seul zoom Sony à descendre à 12 mm. Le FE 12-24 mm f/2,8 GM atteint exactement la même focale, avec un diaphragme de plus. S'il ne figure pas dans ce comparatif, c'est pour une raison assumée : son tarif le place dans une tout autre catégorie budgétaire, hors du cadre de ce guide. Le 12-24 f/4 G est le plus abordable des 12 mm Sony, pas le seul.
Sauf qu'il y a un détail gênant. À 1 749 €, ce zoom à ouverture f/4 coûte plus cher que le Sony FE 16-35 mm f/2,8 GM II, relevé à partir de 1 633 € sur les comparateurs français le 13 septembre 2026, et près du double du Sigma 14-24 mm f/2,8 DG DN Art, relevé dès 975 € le même jour. Deux objectifs qui ouvrent une valeur de diaphragme de plus. La question n'est donc pas « est-ce un bon objectif » — il l'est — mais « est-ce que ces 12 mm justifient de payer le prix fort et de perdre un diaph ».
La rédac a repris les tests publiés, recoupé les fiches constructeur et comparé les trois candidats sur ce qui compte vraiment quand on achète un ultra grand-angle : le champ, les filtres, le poids et le prix réel. Spoiler : la réponse dépend énormément de ce que tu photographies.
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Deux spécifications à corriger avant d'aller plus loin
Les fiches produit des marketplaces racontent parfois n'importe quoi sur cet objectif. Deux erreurs reviennent systématiquement, et toutes les deux changent la décision d'achat.
- Non, il n'accepte pas de filtres vissés de 82 mm. Cameralabs est catégorique : l'objectif n'offre aucun filetage frontal, sa lentille avant bombée l'interdit, et le pare-soleil pétale est fixe et non démontable. Toute fiche annonçant « diamètre filtre 82 mm » se trompe de produit.
- Non, il n'est pas stabilisé. Aucun système OSS dans ce zoom. La stabilisation vient entièrement du boîtier, ce qui va très bien sur un A7 IV ou un A7R V, beaucoup moins sur un boîtier dépourvu de stabilisation capteur.
Règle simple avant tout achat d'optique en ligne : la fiche marketplace n'est pas une source. Croisez systématiquement avec le site constructeur et un test indépendant — y compris sur la question du porte-filtre arrière, où la confusion entre le f/4 G et le f/2,8 GM est très répandue.
Les trois candidats en présence
Sony FE 12-24 mm f/4 G : le champion du champ
C'est le plus large des trois, et de loin. Sa construction optique compte 17 éléments répartis en 13 groupes, avec lentilles asphériques, ED et Super ED, un traitement Nano AR contre le flare, et un diaphragme à 7 lamelles. Il pèse 565 g pour 117 mm de long, ce qui reste remarquablement contenu pour un 12 mm.
Phototrend le décrivait dès sa sortie comme un zoom taillé pour le reportage, le paysage et la photo d'architecture. Cameralabs salue sa compacité et sa maniabilité, tout en pointant que l'impossibilité de monter un porte-filtre classique « refroidit un peu son intérêt pour les photographes de paysage ». C'est résumé.
Sony FE 16-35 mm f/2,8 GM II : le polyvalent qui a rattrapé son retard
La deuxième génération du GM a fondu : 547 g contre 680 g pour l'original, soit moins lourd que le 12-24 f/4 G tout en ouvrant à f/2,8. Photography Life pointe un gain net de piqué dans les angles entre 24 et 35 mm par rapport à la première version, avec une distorsion et un vignetage revus à la baisse.
Son argument massue, on y revient plus bas : c'est le seul des trois à accepter des filtres vissés classiques, en 82 mm. Pour qui travaille au polarisant ou au ND, ce n'est pas un détail, c'est le critère.
Sigma 14-24 mm f/2,8 DG DN Art : l'outil des astrophotographes
Sigma a conçu ce zoom en visant explicitement la photo de ciel étoilé sur hybride plein format. 795 g, 131 mm de long, 11 lamelles de diaphragme, et un porte-filtre arrière pour feuilles gélatine. C'est le plus lourd et le plus encombrant du trio.
En contrepartie, il ouvre à f/2,8 sur toute la plage, descend à 14 mm, et se trouve à partir de 975 €. Les testeurs le décrivent comme plus homogène en piqué d'une focale à l'autre que le Sony 16-35, avec un avantage net à la focale la plus courte — en échange d'un rendu de soleil en étoile et d'une résistance au flare jugés moyens.

Le comparatif point par point
| Critère | Sony FE 12-24 f/4 G | Sony FE 16-35 f/2,8 GM II | Sigma 14-24 f/2,8 DG DN Art |
|---|---|---|---|
| Plage focale | 12-24 mm | 16-35 mm | 14-24 mm |
| Ouverture | f/4 constante | f/2,8 constante | f/2,8 constante |
| Angle de champ diagonal (plein format) | 122° | 107° | 114,2° |
| Poids | 565 g | 547 g | 795 g |
| Longueur | 117 mm | 112 mm | 131 mm |
| Filtres vissés | Aucun | 82 mm | Aucun |
| Porte-filtre arrière | Non documenté par Sony (adaptateur tiers requis) | Non | Oui (gélatine, documenté par Sigma) |
| Lamelles de diaphragme | 7 | 11 | 11 |
| Distance mini de mise au point | 0,28 m | 0,22 m | 0,28 m |
| Stabilisation optique | Non | Non | Non |
| Prix relevé (13 septembre 2026, à revérifier) | 1 749 € | dès 1 633 € | dès 975 € |
Le tableau met en évidence l'anomalie tarifaire : le seul objectif à f/4 du lot est aussi le plus cher. Sony vend littéralement les 4 mm supplémentaires en bas de plage — entre 12 et 16 mm — au prix d'un diaphragme et de plusieurs centaines d'euros.
La question des filtres, celle qui décide vraiment

C'est le point que la plupart des acheteurs découvrent après coup, et qui provoque le plus de reventes. Les lentilles frontales bombées du Sony 12-24 et du Sigma 14-24 rendent impossible le vissage d'un filtre classique. Des solutions existent, mais elles ont un coût.
- Adaptateur de filtres arrière tiers : attention à une confusion très répandue. Sony ne documente pas de porte-filtre arrière intégré sur le FE 12-24 mm f/4 G — contrairement au FE 12-24 mm f/2,8 GM, pour lequel la marque en documente bien un. Ce qui existe pour le f/4 G est un adaptateur tiers qui se monte à l'arrière de l'objectif : Haida commercialise ainsi un kit de filtres ND (3, 4, 6 et 10 diaphragmes) pour ce zoom. C'est discret et léger, mais il faut démonter l'objectif pour changer de densité, vérifier la compatibilité avec ton exemplaire et ton boîtier, et surveiller le risque de fuite lumineuse ou de vignetage si la pose n'est pas parfaite.
- Porte-filtre frontal géant : le système WonderPana de Fotodiox accepte des filtres de 145 mm de diamètre sur ce zoom, avec rotation à 360° pour le polarisant. Efficace, mais volumineux et coûteux.
- Filtre vissé classique : réservé au 16-35 GM II et à son filetage 82 mm. Un polarisant, un ND, on visse, on tourne, c'est fini.
Le verdict en une phrase : si ton flux de travail repose sur un polarisant ou un ND variable que tu changes en cours de session, le 16-35 GM II est le seul choix rationnel des trois. Les deux autres t'imposent un écosystème de filtres parallèle.
À noter aussi qu'un polarisant sur un champ de 122° produit un ciel inégalement assombri, avec une bande plus sombre au centre. Ce n'est pas une limite propre à ces objectifs, c'est la physique de la polarisation. On développe le sujet dans notre tuto sur le choix d'un filtre ND variable.
Quel objectif pour quel usage
Paysage et randonnée légère
Le Sony 16-35 GM II gagne, sans hésitation. Il est le plus léger, le plus court, il ouvre à f/2,8, et surtout il accepte les filtres. Le 35 mm en bout de plage sert bien plus souvent qu'on ne l'imagine en paysage — pour isoler un détail, une crête, une texture. En complément, notre article sur l'hyperfocale en paysage explique pourquoi ces focales très courtes pardonnent beaucoup d'approximations de mise au point.
Astrophotographie et voie lactée
Le Sigma 14-24 f/2,8 Art prend l'avantage, mais pas pour la raison qu'on lit partout. L'ouverture f/2,8 divise les temps de pose par deux face au f/4 du Sony : c'est le vrai argument, et il suffit. En revanche, non, les 11 lamelles ne « produisent pas des étoiles plus propres ». À pleine ouverture, le diaphragme est quasiment hors-jeu : la forme des étoiles dépend de la coma sagittale, de l'astigmatisme et de la précision de mise au point, pas du nombre de lamelles. Le nombre de lamelles gouverne un tout autre phénomène, les rayons de diffraction autour des sources vives à diaphragme fermé — utile pour un lampadaire ou un soleil en étoile, pas pour un champ stellaire à f/2,8. Ce qui fait du Sigma un bon choix en astro, c'est son ouverture et le soin apporté par Sigma à la correction des aberrations en bord de champ. Le f/4 du 12-24 G, lui, reste un vrai handicap : à sensibilité égale, il faut poser deux fois plus longtemps, donc accepter le filé d'étoiles ou monter en ISO.
Architecture, immobilier et intérieurs
C'est là que le 12-24 f/4 G justifie le mieux sa facture. Photographier une pièce exiguë, une cage d'escalier, une nef, un habitacle : les 12 mm font une différence que ni 14 ni 16 mm ne rattrapent. Sur trépied, à f/8 ou f/11 pour la profondeur de champ, l'ouverture maximale ne coûte pratiquement rien. Nuance, parce que « on travaille toujours à f/8-f/11 » est un raccourci : en intérieur sombre sans trépied, en visite chronométrée, ou dès qu'un sujet bouge dans le cadre, un diaphragme de plus se paie cash en vitesse d'obturation. Un f/2,8 garde là un avantage réel. Attention en revanche à ne pas fermer trop : notre papier sur la diffraction et l'ouverture optimale rappelle qu'au-delà de f/11, la netteté redescend.
Vidéo et vlog à la main
Aucun des trois n'est stabilisé optiquement. Sur un boîtier à stabilisation capteur, les 12 mm du Sony sont les plus tolérants aux micro-tremblements, simplement parce qu'un champ très large amplifie moins les mouvements angulaires. Mais le poids du Sigma et son encombrement le disqualifient pour le vlog à bout de bras.
Et si le budget serré était la vraie contrainte ?
Il existe une quatrième voie que les trois objectifs ci-dessus font oublier : le Tamron 17-28 mm f/2,8 Di III RXD. Tarif officiel autour de 999 dollars au lancement, mais on le trouve régulièrement bien en dessous en promotion ou en occasion. Il ouvre à f/2,8, accepte des filtres vissés de 67 mm, descend à 0,19 m de distance minimale et pèse nettement moins lourd que le Sigma.
- Il perd le 14 mm et le 12 mm, donc l'effet spectaculaire des très courtes focales.
- Il perd la plage 28-35 mm, celle qui rend le 16-35 polyvalent.
- Mais il coche f/2,8, filtres vissés et poids contenu pour une fraction du prix.
Le verdict de la rédac
À 1 749 €, le Sony FE 12-24 mm f/4 G est aligné sur le meilleur prix constaté en France, pas bradé. Ce n'est pas une affaire exceptionnelle, c'est un tarif correct sur un objectif qui n'en fait jamais. Il faut l'acheter pour une seule raison : parce qu'on a réellement besoin des 12 mm, et qu'aucun cadrage à 14 ou 16 mm ne fait le travail. En architecture d'intérieur, en immobilier, en photo industrielle en espace confiné, c'est un outil dont on ne se passe plus.
Pour tous les autres usages, la logique économique est implacable. Le Sigma 14-24 mm f/2,8 Art descend à 14 mm — soit, à distance identique, un cadrage environ 16,7 % moins large en largeur qu'à 12 mm : l'écart n'est pas négligeable, mais il se comble souvent d'un pas en arrière. En échange, il offre un diaphragme de plus et coûte des centaines d'euros de moins. Le Sony 16-35 mm f/2,8 GM II est plus léger, plus polyvalent, accepte les filtres et se trouve moins cher que le 12-24 f/4 G. Les deux sont des achats plus rationnels dans la majorité des situations.
Notre position : le 12-24 f/4 G est un objectif de spécialiste vendu au prix d'un généraliste. Si tu hésites entre les trois, c'est probablement que tu n'as pas besoin des 12 mm — et dans ce cas, ton argent est mieux placé ailleurs.
Dernier avertissement honnête : cet objectif date de 2017. Sony n'a pas annoncé de remplaçant et il reste au catalogue, donc pas d'inquiétude sur le suivi. Mais son diaphragme à 7 lamelles et sa formule optique appartiennent à une génération antérieure au 16-35 GM II. On achète un excellent outil, pas la dernière recette optique de la marque.
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FAQ
Est-ce que le Sony FE 12-24 mm f/4 G accepte des filtres ?
Pas de filtres vissés : sa lentille frontale bombée et son pare-soleil fixe l'interdisent. Et contrairement à ce qu'on lit souvent, Sony ne documente pas de porte-filtre arrière intégré sur ce modèle — c'est le FE 12-24 mm f/2,8 GM qui en possède un. Pour le f/4 G, il faut passer par une solution tierce : Haida propose un adaptateur avec kit de ND (3 à 10 diaphragmes) se montant à l'arrière de l'objectif, à condition de vérifier la compatibilité et la qualité de la pose (fuites lumineuses possibles). Des porte-filtres frontaux surdimensionnés de 145 mm existent aussi chez Fotodiox.
Pourquoi le 12-24 f/4 coûte-t-il plus cher que le 16-35 f/2,8 GM II ?
Parce que les prix de rue ont évolué différemment. Au 13 septembre 2026, le 16-35 GM II était relevé autour de 1 633 € sur les comparateurs français, tandis que le 12-24 f/4 G se maintenait à 1 749 €. Ces deux chiffres issus de comparateurs et de marketplaces doivent être revérifiés le jour de ton achat. Sur le fond : les très courtes focales coûtent cher à corriger optiquement et se vendent en plus petit volume, ce qui limite les baisses.
Quelle différence concrète entre 12 mm et 16 mm en plein format ?
122° contre 107° d'angle diagonal en plein format. Sur le terrain, à distance identique, un 12 mm rectilinéaire cadre environ 33 % plus large en largeur qu'un 16 mm — et environ 16,7 % plus large qu'un 14 mm. C'est immédiatement visible en intérieur exigu ou face à un bâtiment, et beaucoup plus anecdotique en paysage ouvert, où il suffit souvent de reculer.
Le Sony FE 12-24 mm f/4 G est-il stabilisé ?
Non, aucun système OSS. La stabilisation dépend entièrement du capteur du boîtier. Sur un hybride Sony récent équipé d'IBIS cela ne pose pas de problème, mais il ne faut pas compter sur l'objectif pour compenser.
Faut-il ce zoom pour photographier la voie lactée ?
Ce n'est pas le meilleur choix. Son ouverture f/4 impose des poses deux fois plus longues qu'un f/2,8, ce qui augmente le filé d'étoiles ou le bruit. Le Sigma 14-24 mm f/2,8 DG DN Art a été conçu spécifiquement pour cet usage et reste moins cher.
Sources citées
- Cameralabs — Sony FE 12-24mm f4G review
- Admiring Light — Review: Sony FE 12-24mm f/4 G
- ePHOTOzine — Sony FE 12-24mm f/4 G Review
- Phototrend — Test du zoom ultra grand-angle Sony FE 12-24 mm f/4 G
- Thom Hogan (sansmirror) — Sony 12-24mm f/4G Lens Review
- Photography Life — Sony FE 16-35mm f/2.8 GM II Review
- Dustin Abbott — Sony FE 16-35mm F2.8 GM II Review
- Cameralabs — Sigma 14-24mm f2.8 DG DN Art review
- The Digital Picture — Sigma 14-24mm f/2.8 DG DN Art Lens Review
- Sigma — 14-24mm F2.8 DG DN Art, intentions de conception
- Admiring Light — Review: Tamron 17-28mm f/2.8 Di III RXD
- idealo.fr — relevé de prix Sony FE 12-24mm f4 G
- idealo.fr — relevé de prix Sony FE 16-35mm f2.8 GM II
- B&H — Haida Rear Lens ND Filter Kit for Sony FE 12-24mm f/4 G