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Loi de l'inverse du carré : maîtriser la distance de ta lumière (exemple avec une mini LED SmallRig)

Doubler la distance d'une lampe, c'est perdre deux diaphs. La rédac explique la loi de l'inverse du carré et comment s'en servir pour exposer, déboucher ou noircir un fond avec une simple mini LED.

Par Jean-Philippe • • 12 min de lecture
Mini lampe LED cube SmallRig RM01 noire, vue de trois quarts avec LED et réflecteur frontal, bouton latéral et trappe supérieure.
Mini lampe LED cube SmallRig RM01 noire, vue de trois quarts avec LED et réflecteur frontal, bouton latéral et trappe supérieure.

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Un petit cube LED SmallRig de 63 grammes est le prétexte idéal pour parler d'une règle de physique que tout le monde croise sans jamais la nommer : la loi de l'inverse du carré. C'est elle qui explique pourquoi ta mini-lampe éclaire magnifiquement un visage à 40 cm… et devient presque inutile à 2 mètres.

Comprendre cette loi, c'est arrêter de pousser la puissance au maximum en espérant un miracle. C'est surtout apprendre à jouer avec la distance : pour régler l'exposition, pour assombrir un fond sans toucher au décor, pour adoucir une ombre. La rédac Conseils Photos te déroule le concept, les calculs utiles (promis, rien de méchant) et une méthode pratique avec une mini LED de poche.

Le cube en question est vendu sous le nom « SmallRig Mini Cube LED » : ses caractéristiques (63 g, 38 × 38 × 36 mm, CRI 95, 5600 K) correspondent à celles du SmallRig RM01 référencé par B&H.

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La loi de l'inverse du carré, en clair

L'énoncé tient en une ligne : l'intensité lumineuse reçue par un sujet varie comme l'inverse du carré de sa distance à la source. Concrètement :

  • Distance × 2 → lumière divisée par 4 (il en reste 25 %), soit 2 diaphs de perte.
  • Distance × 1,4 (racine de 2) → lumière divisée par 2, soit 1 diaph.
  • Distance ÷ 2 → lumière multipliée par 4, soit 2 diaphs de gain.

Elephorm le résume dans sa formation flash : doubler la distance flash-sujet ne laisse que 25 % de la lumière initiale. Wolfcrow, côté cinéma, traduit la même idée en langage de chef op : chaque doublement de distance coûte deux stops.

Rayons divergents d’une source ponctuelle idéale et éclairements relatifs sur l’axe : 100 % à 0,5 m, 25 % à 1 m et 6,25 % à 2 m.
À puissance constante, doubler la distance divise l’éclairement par quatre, soit une perte de 2 IL. Ce modèle ponctuel idéal ne constitue pas une mesure du SmallRig RM01.

Pourquoi ça compte surtout de près

La chute est relative, pas absolue. Passer de 25 à 50 cm, c'est 2 diaphs perdus pour 25 cm parcourus. Passer de 4 à 4,25 m, c'est environ 0,18 IL, soit moins d'un cinquième de diaph. Autrement dit : plus la source est proche, plus chaque centimètre compte. Elephorm conseille d'ailleurs de déplacer le flash « par petits incréments » quand il est près du sujet.

C'est aussi pour ça que le soleil éclaire un paysage uniformément : il est tellement loin que quelques mètres d'écart entre deux arbres ne changent rien. Une mini LED, c'est l'inverse absolu.

En une phrase : avec une petite source, la distance est ton vrai bouton de puissance — et il est beaucoup plus sensible que le variateur.

Une loi idéale, une lampe réelle

La loi n'exige pas que la source rayonne dans toutes les directions. Selon l'IES, pour une source ponctuelle, l'éclairement vaut E = I/d² à incidence normale, I étant l'intensité dans la direction considérée : une source directionnelle (LED avec optique ou réflecteur) suit donc la loi sur un même axe, tant que la puissance, la configuration et l'incidence restent les mêmes. La vraie limite, c'est la taille : une source étendue ne se comporte comme un point qu'à une distance suffisante par rapport à ses dimensions.

La fiche B&H du RM01 annonce 1000 lux à 0,5 m et 300 lux à 1 m, là où la loi pure en prédirait 250. L'origine de cet écart n'est pas établie : sans protocole de mesure publié (distance prise depuis la LED ou le boîtier, diffuseur ou non, tolérances), impossible de l'attribuer à l'optique plutôt qu'à la méthode. L'ordre de grandeur reste le bon — c'est ce qui compte sur le terrain.

Le calcul appliqué à une mini LED de 3 W

Partons des valeurs photométriques publiées par B&H pour le RM01 (3 W, 5600 K) et extrapolons avec la loi :

DistanceÉclairementÉcart vs 0,5 mOrigine
0,25 m≈ 4000 lux+2 ILCalcul théorique
0,35 m≈ 2000 lux+1 ILCalcul théorique
0,5 m1000 luxRéférenceFiche B&H
1 m300 lux≈ -1,7 ILFiche B&H
2 m≈ 75 lux≈ -3,7 ILCalcul théorique

Pour te donner un repère : 1000 lux, c'est grossièrement une exposition de type ISO 100, f/2.8, 1/50 s (calcul théorique en lumière incidente). À 2 mètres, il faudrait ouvrir ou monter de près de 4 IL — soit passer à ISO 1600 pour le même couple vitesse/ouverture. On comprend vite pourquoi B&H présente ce kit comme un outil de table : packshot, miniature, macro.

Rappel utile : 3 W ne sont pas un projecteur. Une mini LED de cette taille sert à éclairer ce qui est à portée de bras, pas à remplacer un panneau de studio.

Application pratique : trois façons d'exploiter la loi

1. Assombrir un fond sans toucher au décor

Glass le résume : une lumière proche du sujet laisse un mur situé quelques mètres derrière beaucoup plus sombre, au point qu'un mur blanc peut virer au gris, voire au noir dans de bonnes conditions. L'objectif est d'assombrir le fond relativement au sujet. La méthode :

  1. Place le sujet à au moins 1,5–2 m du fond.
  2. Rapproche la mini LED à 30–50 cm du sujet.
  3. Expose pour le visage (ou l'objet) : le fond reçoit plusieurs diaphs de moins que lui.
  4. Fais une prise sans la lampe, aux réglages finaux : ce qui reste visible vient de l'ambiance. Réduis-la (rideaux, plafonnier éteint) et limite les rebonds sur les murs proches.
  5. Oriente ou masque le faisceau pour qu'il ne déborde pas sur le fond, puis contrôle le résultat à l'écran.

Avec une lampe à 0,5 m du sujet et un mur à 2,5 m de la lampe, le fond reçoit en théorie 4 % de l'éclairement du sujet, soit environ −4,6 IL à incidence comparable. Ce n'est pas une garantie de fond noir : un mur blanc très réfléchissant, la lumière ambiante et les rebonds des parois peuvent le laisser visible. Comme le rappelle broncolor, les réflexions de la pièce participent toujours à l'éclairage global.

Deux schémas à la même échelle, avec un sujet à 2 m du fond : source à 0,5 m du sujet et 2,5 m du fond, puis source à 2 m du sujet et 4 m du fond.
À exposition du sujet identique, le fond reçoit 4 % de l’éclairement du sujet avec la source proche (−4,64 IL), contre 25 % avec la source éloignée (−2 IL). Calcul ponctuel idéal, sans lumière ambiante ni rebonds : la réflectance du fond et les conditions réelles empêchent de garantir un fond noir.

2. Doser un débouchage (fill) sans variateur

Le RM01 propose quatre niveaux, de 20 % à 100 % : c'est grossier. La distance offre un réglage beaucoup plus fin. Ta lampe d'appoint est trop forte ? Recule-la de 40 % (× 1,4) : tu perds exactement un diaph. Wolfcrow insiste sur ce point : la chute de lumière est l'outil qui fixe le rapport entre lumière principale et débouchage.

3. Garder un groupe uniformément éclairé

Revers de la médaille : avec une source proche, la personne placée à 50 cm reçoit quatre fois plus de lumière que celle à 1 m. Pour éclairer plusieurs objets ou personnes de façon homogène, il faut reculer la source (et donc avoir plus de puissance). Une mini LED n'est clairement pas faite pour ça.

Les erreurs courantes

  • Monter la puissance au lieu de bouger la lampe : à 2 m, passer de 50 % à 100 % ne rapporte qu'un seul diaph. Rapprocher la lampe de moitié en rapporte deux.
  • Coller la lampe au sujet sans regarder le visage entier : à 20 cm, le nez reçoit nettement plus que les oreilles. Résultat : un centre cramé et des bords sombres.
  • Oublier que le fond suit la même règle : si ton fond est trop clair, ce n'est pas forcément la faute de l'exposition, c'est que le sujet est trop près du mur.
  • Confondre proximité et dureté : rapprocher une petite source l'agrandit relativement au sujet, donc l'adoucit un peu — mais un cube de 4 cm reste une source dure. La douceur dépend de la taille apparente de la source vue du sujet : un petit capuchon diffuseur qui garde le gabarit du cube redistribue le faisceau mais ne rend pas la lumière douce sur un visage. Il faut un diffuseur nettement plus grand et bien éclairé, ou un rebond sur une large surface blanche — en sachant que chaque modificateur coûte de la lumière, ce qui pèse lourd avec 3 W.
  • Croire les chiffres de puissance seuls : un « 3 W » ne dit rien sans la distance de mesure. Cherche toujours des lux à une distance donnée.

Avis tranché de la rédac : la meilleure économie en éclairage, ce n'est pas une lampe plus puissante, c'est un pied qui permet de la placer au bon endroit.

Le matériel pour mettre ça en pratique

Le cube SmallRig du jour est un bon terrain d'exercice : sa courte portée rend la loi de l'inverse du carré visible à l'œil nu. Ce que disent les fiches B&H :

  • Puissance : 3 W, alimentation USB-C 5 V.
  • Lumière : 5600 K, CRI 95, TLCI 96 — de bons indices pour sa catégorie (on t'explique ces indices dans notre tuto IRC, TLCI et TM-30).
  • Autonomie : batterie de 800 mAh, environ 5 h au niveau minimal.
  • Fixations : filetage 1/4", aimant, sabot.
  • Accessoires : diffuseur et jeu de 8 filtres de couleur.

Points de vigilance :

  • Étanchéité : la présentation produit parle de résistance à l'eau, mais la fiche technique B&H indique « No » en résistance environnementale. Ne compte pas dessus sous la pluie tant que le fabricant ne l'a pas clarifié.
  • Chauffe en charge : un utilisateur rapporte sur B&H que la lampe chauffe beaucoup si on l'utilise en charge.
  • Pas de bicolore ni de RGB : 5600 K fixe, les teintes passent par les filtres.

Si tu veux une mini LED RGB avec plus de réglages, notre méthode d'éclairage avec la Ulanzi VL49 couvre cette approche. Et pour aller plus loin sur le placement des sources autour d'un visage, voir nos schémas d'éclairage portrait.

Le verdict de la rédac

La loi de l'inverse du carré n'est pas une curiosité de manuel : c'est le réglage le plus puissant d'un éclairage d'appoint. Doubler la distance coûte deux diaphs, multiplier par 1,4 en coûte un, et tout ce qui se trouve derrière ton sujet suit la même règle. Une fois ce réflexe acquis, tu règles l'exposition, le contraste et la luminosité du fond en déplaçant une lampe — avant même de toucher à l'appareil.

Pour l'apprendre, une mini LED est presque un outil pédagogique : sa portée utile tient sous le mètre, donc ses effets sont immédiats. Le cube SmallRig RM01 est cohérent pour ça et pour le packshot de table, avec un bon rendu des couleurs annoncé. Mais ne lui demande pas d'éclairer une pièce ou un groupe : à 2 m, la physique gagne toujours.

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FAQ

Est-ce que la loi de l'inverse du carré s'applique aussi à la lumière naturelle ?

Pour le soleil, la distance est telle que l'écart entre deux points d'une scène est négligeable : l'éclairage direct reste uniforme, même quand le rayon passe par une fenêtre (la source reste le soleil, pas la fenêtre). Une grande fenêtre qui transmet un ciel diffus est en revanche une source étendue : près d'elle, doubler la distance ne donne généralement pas exactement −2 IL, et la décroissance dépend de la géométrie et des réflexions de la pièce. Le 1/d² n'y est qu'une approximation, valable quand on est loin par rapport à la taille de la fenêtre. La loi s'applique pleinement à une petite lampe ou un flash.

Combien de diaphs perd-on en doublant la distance d'une lampe ?

Deux diaphs : la lumière reçue est divisée par quatre. Pour perdre un seul diaph, il suffit de multiplier la distance par environ 1,4.

Comment obtenir un fond noir avec une seule petite lampe ?

Éloigne le sujet du fond (1,5 à 2 m minimum), rapproche la lampe du sujet et expose pour lui : le fond, plus loin de la source, reçoit plusieurs diaphs de moins. Pour qu'il paraisse vraiment noir, coupe ou réduis la lumière ambiante, limite les rebonds et vérifie par une prise sans la lampe. Un mur blanc très clair peut rester gris : le résultat n'est pas garanti.

Une mini LED de 3 W suffit-elle pour filmer une interview ?

Ça dépend de l'exposition visée, du bruit acceptable et de l'ambiance. En débouchage à moins d'un mètre, elle peut convenir — sauf face à une ambiance très lumineuse, où son effet devient faible. Comme lumière principale à 1,5–2 m, elle ne fournit plus qu'environ 75 à 130 lux (extrapolation théorique). Ce n'est pas rédhibitoire : avec la constante incidente C = 250 utilisée plus haut, f/1.8, 1/50 s et ISO 800 demandent en théorie environ 51 lux (69 lux avec C = 340). Mais la marge est mince, l'uniformité médiocre et tout diffuseur fait encore perdre de la lumière. Pour un éclairage principal confortable et doux, un panneau ou une COB plus puissante et plus grande reste le bon choix. Ces chiffres sont des calculs, pas des mesures du RM01.

Pourquoi la lumière mesurée ne suit-elle pas exactement la loi ?

La loi décrit une source ponctuelle, à puissance, configuration et incidence constantes ; une source directionnelle peut la suivre sur son axe. Les écarts viennent surtout d'une source trop grande par rapport à la distance, des rebonds de la pièce ou du protocole de mesure. Pour les 300 lux annoncés à 1 m pour le RM01 au lieu des 250 théoriques, la cause n'est pas établie faute de protocole publié.

Sources citées

#eclairage #mini-led #smallrig #tutoriel-lumiere #loi-inverse-du-carre

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