Nikon Zf autour de 1 900 € : le plein format rétro le mieux équipé, si tu acceptes sa prise en main
Le Nikon Zf est repassé autour de 1 900 €, soit un quart du tarif catalogue effacé. EXPEED 7, détection de sujet dérivée des Z8/Z9, stabilisation 8 IL : ce que disent vraiment les tests, poignée et slot microSD compris.
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Le Nikon Zf est tombé sous la barre des 1 950 € sur Amazon au 23 septembre 2026, contre 2 499 € de tarif catalogue France : environ un quart du prix de référence effacé. Pour un plein format qui embarque le processeur EXPEED 7 des Z8 et Z9, c'est le genre de ligne qui fait lever un sourcil. Les prix bougent vite sur ce boîtier, souvent remisé depuis le début d'année — vérifie le tarif du jour avant de te décider.
Sauf que le Zf est un boîtier à double fond. Sur la fiche technique, il coche presque tout. Sur le terrain, il impose un style de prise en main que tout le monde n'a pas envie d'adopter, et il traîne deux ou trois choix de conception que les testeurs pointent unanimement depuis sa sortie. La rédac Conseils Photos a épluché les tests de référence, en anglais et en français, pour trancher : à ce prix, est-ce l'affaire de l'année ou le boîtier qu'on achète pour la mauvaise raison ?
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Ce qu'il y a vraiment dans le boîtier
Premier réflexe de la rédac : recouper la fiche produit du revendeur avec les specs constructeur et les tests. Bien nous en a pris, parce que la fiche du deal contient plusieurs approximations qu'il vaut mieux corriger avant d'acheter.
- Capteur : CMOS BSI plein format 24,5 Mpx, couplé au processeur EXPEED 7 des Z8 / Z9. Nikon ne documente nulle part qu'il s'agit du composant exact du Z6 II : les fiches officielles établissent seulement que les deux boîtiers utilisent un capteur BSI plein format de 24,5 Mpx.
- Sensibilité : 100 à 64 000 ISO en natif, extensible jusqu'à 204 800 — et non 102 400 comme l'annonce la fiche marchand.
- Rafale : 7,8 i/s en continu haute vitesse, 14 i/s en mode étendu. Les 30 i/s affichés en gros existent bien, mais uniquement via le mode C30, en JPEG.
- Autofocus : détection de sujet sur neuf catégories, reprise de celle du Z8, avec une plage de détection annoncée par Nikon de -10 à +19 IL — mesurée en AF-S, à 100 ISO, 20 °C et avec un objectif f/1,2. Le nombre de zones dépend du mode : Nikon spécifie 273 points en AF ponctuel et 299 zones en AF zone automatique. Ce n'est pas une divergence entre sources, mais deux modes différents.
- Écran : 3,2 pouces orientable, 2,1 millions de points. La fiche marchand annonce 1,10 million : c'est faux, et dans le bon sens.
- Stockage : un slot SD UHS-II et un slot microSD UHS-I. Ce n'est pas un double slot UHS-II, contrairement à ce qu'on lit un peu partout.
- Stabilisation : IBIS jusqu'à 8 IL, avec asservissement au collimateur actif (Focus Point VR).
- Poids : 710 g avec batterie et carte, pour 144 x 103 x 49 mm.
La fiche marchand se trompe sur trois points : la plage ISO, la définition de l'écran et surtout la nature du second slot mémoire. Achète le Zf en sachant qu'il n'a qu'une seule vraie carte rapide.
Les forces : un EXPEED 7 dans un boîtier de 1980
Un autofocus qui n'a rien d'un boîtier nostalgie
C'est le point sur lequel tous les testeurs convergent. DPReview, qui attribue 90 % au boîtier, salue un suivi 3D et une reconnaissance de sujet « très bons ». Nikon Passion est plus direct encore : selon eux, « l'autofocus du Nikon Zf est largement plus efficace que celui des générations Z5 / Z6 et Z7 ».
Sur la basse lumière, attention aux chiffres qui circulent : ils ne se comparent pas directement. Nikon annonce -10 IL pour le Zf, mais en AF-S, à 100 ISO, 20 °C et avec un objectif f/1,2. Pour le Z6 II, Nikon annonce -4,5 IL en usage normal et -6 IL avec l'AF faible lumière activé, avec un objectif f/2. Les protocoles diffèrent — mode AF et ouverture de l'objectif en tête — donc l'écart de six diaphragmes affiché sur le papier ne se traduit pas tel quel sur le terrain. Le progrès est réel et sensible en intérieur sombre ou en soirée ; il n'est simplement pas quantifiable à partir de ces deux lignes de fiche technique.
Nuance utile, toujours chez Nikon Passion : l'obturateur mécanique interrompt le flux de données pendant la rafale, ce qui place le Zf légèrement en retrait des Z8 / Z9 sur le suivi en séquence rapide. Imperceptible pour la majorité des usages, gênant si tu fais du sport.
Une stabilisation au meilleur niveau de la monture Z
Phototrend, qui note le boîtier 8,7/10, qualifiait à sa sortie le Focus Point VR de « système le plus performant de la monture Z », flagships inclus. Ce n'est plus une exclusivité : le Z6 III annonce lui aussi 8 IL avec Focus Point VR. L'IBIS ne se contente pas de stabiliser le centre de l'image, il tient compte du collimateur actif, ce qui profite aux sujets décentrés.
Deux précisions que les fiches commerciales oublient. Les 8 IL sont mesurés au standard CIPA avec le NIKKOR Z 24-120 mm f/4 S à son extrémité télé, en mode VR Normal — pas avec n'importe quelle optique. Et le Focus Point VR a des conditions d'emploi : il fonctionne en photo avec les NIKKOR Z dépourvus de VR intégré, et il devient inopérant dès que plusieurs points AF sont affichés.
Deux bonus qui ne se voient pas sur une fiche technique
- Le sélecteur monochrome physique, sur le capot : il bascule directement en mode noir et blanc, sans passer par le menu, avec prévisualisation dans le viseur. Le choix entre les trois Picture Controls monochromes, lui, se fait via le menu i ou le menu prise de vue. Phototrend comme Nikon Passion trouvent le sélecteur « très pratique », et ce n'est pas un gadget pour qui shoote régulièrement en N&B.
- Le mode pixel shift, jusqu'à 96 Mpx sur sujet statique et trépied. Avec une contrainte de flux de travail que la fiche technique passe sous silence : le boîtier enregistre une séquence de NEF, et c'est NX Studio qui doit les fusionner. Aucune image 96 Mpx finalisée ne sort du boîtier. Un vrai plus en repro d'œuvres, en architecture ou en paysage, à condition d'accepter cette étape sur ordinateur.

Les limites : l'ergonomie fait payer le style
La poignée, ou plutôt son absence
C'est le reproche numéro un, et il revient dans absolument tous les tests. DPReview parle d'un boîtier qui « devient inconfortable avec des optiques volumineuses ». Phototrend va plus loin : selon eux, la poignée SmallRig à 49 € est « quasi obligatoire » pour un usage confortable. Nikon Passion décrit une prise en pince sur la tranche droite, pénible sur la durée.
Traduction pratique : avec un 40 mm f/2 ou un 28 mm f/2,8, le Zf est un plaisir. Avec un 24-120 mm f/4 S, tu achètes un accessoire en plus le jour même.
Le second slot microSD, et sa trappe
Les deux cartes logent dans le compartiment batterie. Le second slot est un microSD UHS-I, nettement plus lent. La microSD ne réduit pas la capacité physique du tampon : elle ralentit sa vidange lorsque l'écriture simultanée l'utilise, ce qui revient au même à l'usage. Phototrend chiffre l'impact sur son protocole : environ 137 images enchaînées en rafale lorsque les deux slots écrivent en parallèle, contre plus de 200 sur la seule SD UHS-II. Nikon Passion juge l'accès « peu pratique », puisqu'il faut sortir la batterie. Si ton workflow repose sur l'écriture simultanée sur deux cartes — mariage, événementiel — c'est un vrai point de friction, pas un détail.
Les commandes et le bruit
- Pas de joystick AF : déplacer le collimateur passe par la croix ou l'écran tactile.
- Personnalisation limitée : cinq boutons personnalisables contre onze sur le Z6 III, et des interactions molette/bouton que DPReview qualifie de « particulières ».
- Obturateur sonore : Phototrend note un déclenchement « assez sec », peu discret. À considérer si tu shootes en rue ou en cérémonie.
La vidéo : correcte, pas centrale
4K/30p suréchantillonnée depuis de la 6K, 10 bits N-Log en interne, rolling shutter mesuré à 22 ms par DPReview. La 4K/60p existe mais avec recadrage DX (1,5x). Chris Niccolls et Jordan Drake, chez PetaPixel, sont nets sur ce point : pour la vidéo, le Z6 III « surpasse significativement » le Zf, qui n'enregistre pas de RAW en interne. Le Zf est un boîtier photo qui filme bien, pas un hybride vidéo.
Face au Z6 III et au Z5 II : le bon arbitrage
À ce niveau de prix, le Zf ne se bat pas contre Canon ou Sony d'abord : il se bat contre les deux autres 24 Mpx de Nikon.
| Critère | Nikon Zf | Nikon Z6 III | Nikon Z5 II |
|---|---|---|---|
| Capteur | BSI 24,5 Mpx | Partiellement empilé 24,5 Mpx | BSI 24,5 Mpx |
| Processeur | EXPEED 7 | EXPEED 7 | EXPEED 7 |
| Rafale, obturateur mécanique | 7,8 i/s ; 14 i/s en mode étendu (JPEG) | 8,1 i/s ; 14 i/s en mode étendu (JPEG) | 7,8 i/s ; 14 i/s en mode étendu (JPEG) |
| Rafale, obturateur électronique | 14 i/s en NEF ; C30 à 30 i/s en JPEG pleine définition | 20 i/s en NEF pleine définition ; 30 i/s en JPEG pleine définition ; jusqu'à 120 i/s en JPEG 11 Mpx recadré DX | 15 i/s en NEF ; C15 et C30 à 15 et 30 i/s en JPEG pleine définition |
| Viseur | 3,69 Mpts — 0,8x | 5,76 Mpts — 0,8x | 3,69 Mpts — 0,8x |
| Slots mémoire | SD UHS-II + microSD | CFexpress B + SD UHS-II | 2x SD UHS-II |
| Vidéo max | 4K/60p recadrée | 6K/60p, RAW interne | 4K/60p recadrée |
| Poignée | Quasi inexistante | Profonde | Classique |
| Boutons personnalisables | 5 | 11 | Intermédiaire |
| Poids | 710 g | 760 g | 700 g |
| Positionnement tarifaire | Milieu de gamme, très remisé depuis 2026 | Le plus cher des trois | Le moins cher des trois au tarif catalogue |
La lecture de DPReview est claire : le Z6 III apporte un viseur nettement meilleur, une rafale électronique plus rapide, un vrai slot CFexpress et une poignée digne de ce nom, pour environ 500 $ de plus. PetaPixel ajoute une nuance intéressante : en obturateur mécanique et jusqu'à environ 800 ISO, c'est le Zf qui offre la meilleure dynamique, le capteur partiellement empilé du Z6 III payant sa vitesse en plage dynamique.
Le Z5 II, lui, arrive moins cher avec deux vrais slots SD UHS-II et une poignée classique. Il perd le sélecteur monochrome, le pixel shift 96 Mpx et, évidemment, le look.
Relevé du 23 septembre 2026, prix France TTC : le Zf remisé ressort à 1 910,40 €, quand le Z5 II est affiché 1 899 € hors remise chez Nikon France. Le Zf ne passe donc pas sous le tarif du Z5 II — il le rejoint. C'est déjà l'essentiel de l'argument : à budget équivalent, on récupère un boîtier sensiblement mieux équipé. Mais les deux se remisent, alors vérifie les deux prix le même jour avant de trancher.
Pour qui c'est fait, et pour qui ça ne l'est pas
Le Zf est fait pour toi si tu shootes majoritairement en focales fixes légères (28 mm, 40 mm, 50 mm), si tu viens d'un reflex ou d'un Z5 / Z6 / Z6 II et que tu cherches surtout un bond en autofocus et en basse lumière, si tu pratiques le noir et blanc, ou si tu fais du paysage et de la repro au trépied où le pixel shift devient un argument.
Passe ton chemin si tu montes régulièrement des zooms lourds, si ton métier impose l'écriture simultanée sur deux cartes rapides, si tu fais du sport ou de l'animalier en rafale longue, ou si la vidéo représente plus du tiers de ton activité — dans ce dernier cas, le Z6 III justifie son surcoût.
Si tu hésites encore entre plusieurs boîtiers rétro premium, notre guide OM-3 vs Fujifilm X-T5 vs Nikon Zf compare les trois approches. Et si c'est la compacité en plein format qui te motive, on a aussi confronté le Lumix S9, le Sony A7C II et le Zf.

Le verdict de la rédac
Le Nikon Zf est un boîtier honnête avec lui-même : il annonce dès le premier coup d'œil qu'il privilégie une certaine idée de la photo, molettes en laiton et prise en main à l'ancienne comprises. Ce qui surprend, c'est la qualité de ce qu'il y a derrière. EXPEED 7, fonctions de détection et de suivi dérivées des Z8 / Z9, stabilisation parmi les meilleures de la monture : ce n'est pas un objet de décoration avec un capteur dedans.
Le prix actuel change la nature du calcul. À 2 499 €, le Zf se retrouvait coincé entre un Z6 III mieux armé et un Z5 II moins cher, et il fallait vraiment aimer son style pour le choisir. Autour des 1 900 €, il redevient le plein format Nikon le mieux équipé par euro dépensé — à condition de comparer le même jour avec un Z5 II qui se remise lui aussi, et d'accepter deux compromis précis : la poignée et le second slot microSD.
Notre position : c'est un excellent achat pour le photographe en fixes légères, un mauvais achat pour le vidéaste et pour l'événementiel pro. Budgète une poignée additionnelle dès la commande — tous les tests convergent là-dessus, ce n'est pas une option mais une correction d'usine officieuse.
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FAQ
Est-ce que le Nikon Zf a vraiment deux slots SD ?
Non. Il dispose d'un slot SD UHS-II et d'un slot microSD UHS-I, tous deux logés dans le compartiment batterie. Les fiches marchands annonçant un « double slot UHS-II » sont inexactes. Le second slot fonctionne, mais en écriture simultanée la microSD UHS-I ralentit la vidange du tampon — la rafale s'interrompt plus tôt — et il faut sortir la batterie pour y accéder.
Quelle différence entre le Nikon Zf et le Z6 III ?
Même définition et même processeur, mais le Z6 III a un capteur partiellement empilé, un viseur 5,76 Mpts, une rafale électronique plus rapide en RAW, la 6K/60p avec RAW interne, un slot CFexpress et une vraie poignée. Le Zf garde l'avantage sur la dynamique en obturateur mécanique à basse sensibilité selon PetaPixel, sur le style et, en ce moment, sur le prix.
Faut-il acheter une poignée supplémentaire pour le Nikon Zf ?
Si tu montes régulièrement des zooms ou des optiques volumineuses, oui. Phototrend qualifie la poignée SmallRig de « quasi obligatoire » pour un usage confortable, et DPReview comme Nikon Passion pointent le même inconfort avec les optiques lourdes. Il n'existe pas de seuil de poids officiel : c'est une appréciation ergonomique, qui dépend autant de l'équilibre de l'objectif et de la taille de ta main que des grammes. Avec des fixes compactes, le boîtier nu reste agréable.
Le Nikon Zf convient-il pour la vidéo ?
Pour de la vidéo occasionnelle, oui : 4K/30p suréchantillonnée depuis de la 6K, 10 bits N-Log, rolling shutter à 22 ms. Pour un usage vidéo régulier, non : la 4K/60p est recadrée en DX, il n'y a pas de RAW interne et la prise HDMI est au format micro.
Le Nikon Zf est-il encore d'actualité en 2026 ?
Oui. Sorti en septembre 2023, il n'a pas de successeur annoncé, continue de recevoir des mises à jour de firmware et reste le seul plein format rétro de la gamme Nikon. Son capteur n'est plus le plus récent, mais l'EXPEED 7 le maintient au niveau sur l'autofocus.
Sources citées
- DPReview — Nikon Zf review: style, charm but lacking polish (90 %)
- DPReview — Nikon Z6III vs. Zf, which is the better enthusiast full-frame camera?
- Phototrend — Test Nikon Zf : un juste équilibre entre look rétro et performances (8,7/10)
- Nikon Passion — Test Nikon Zf : ergonomie, autofocus, ISO
- PetaPixel — Should You Get a Nikon Zf or Nikon Z6 III?
- Photography Life — Nikon Z5 II vs Zf vs Z6 III Specifications
- Nikon — fiche technique officielle du Zf (plage AF, points AF, rafale, VR, pixel shift)