Test Panasonic Lumix S1R II : 44 Mpx, 8K et un firmware qui change tout
Le Lumix S1R II est tombe a son plus bas prix : 44,3 Mpx, video 8K et un firmware fin 2025 qui corrige rafale, autofocus et surchauffe. La redac Conseils Photos demele le marketing du terrain, face aux Sony A7R V et Nikon Z8.
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Il y a des appareils qui sentent la promo de fin de cycle, et il y a ceux qui deviennent enfin intéressants quand le prix lâche du lest. Le Panasonic Lumix S1R II appartient à la seconde catégorie : lancé autour de 3 699 €, l'hybride haute définition de Panasonic se négocie aujourd'hui à son plus bas niveau historique, sous la barre des 2 700 €. Pour un boîtier 44,3 mégapixels capable de pondre de la vidéo 8K, le saut de prix mérite qu'on s'y arrête.
Sur le papier, le S1R II coche toutes les cases du « monstre hybride » : capteur plein format rétroéclairé, mode 177 Mpx à main levée, rafale à 40 i/s et ProRes RAW interne. Mais le S1R original traînait une casserole — un autofocus à détection de contraste qui le disqualifiait pour l'action. Reste à savoir si Panasonic a soldé son retard, ou s'il vend encore du rêve sur fiche technique.
La rédac Conseils Photos a épluché les tests de DPReview, Phototrend, Amateur Photographer, Cameralabs et TechRadar. Voici ce que ce S1R II vaut vraiment en 2026, ses limites, et comment il se situe face aux Sony A7R V et Nikon Z8.
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Ce que le S1R II change vraiment
Panasonic n'a pas refait le S1R, il l'a réincarné dans un châssis plus compact dérivé du S5 II et truffé d'électronique récente. Le changement le plus important ne se voit pas sur une photo de catalogue : c'est l'autofocus. Exit la détection de contraste, place à un système hybride à détection de phase épaulé par la reconnaissance de sujet par IA. DPReview confirme que ce seul point fait passer le boîtier du statut de « caméra de studio » à celui d'hybride réellement polyvalent.
- Capteur 44,3 Mpx BSI (un IMX366 de Sony Semiconductor) avec double gain de conversion pour préserver la dynamique.
- Autofocus hybride à détection de phase + suivi des sujets par IA (visage, œil, animaux, véhicules).
- Mode haute résolution 177 Mpx par décalage de capteur, traité en interne, et — c'est la prouesse — utilisable à main levée.
- Vidéo 8K jusqu'à 30p, ProRes RAW interne, et un ventilateur intégré pour tenir la durée.
- Rafale jusqu'à 40 i/s en obturateur électronique avec suivi AF.
- Stabilisation capteur annoncée jusqu'à 8 stops, tropicalisation, double slot (CFexpress + SD).
En une phrase : le S1R II est le premier boîtier haute définition de Panasonic qu'on peut emmener ailleurs qu'en studio sans grimacer.
Les forces : la définition sans le trépied, la vidéo sans la chauffe
44 Mpx et un mode 177 Mpx qui tient dans les mains
La qualité d'image ne fait pas débat. Les tests studio de DPReview placent le fichier 44,3 Mpx au niveau d'un capteur moderne : détail abondant, bruit bien tenu en second gain, dynamique confortable au ISO de base. Rien de révolutionnaire, mais aucune fausse note.
Le vrai argument différenciant, c'est le mode haute résolution. Là où Sony et Nikon imposent le trépied et une fusion des images sur ordinateur, Phototrend souligne que Panasonic produit ses 177 Mpx à main levée et les assemble dans le boîtier, en RAW comme en JPEG. Pour la photo d'architecture, de paysage ou de reproduction d'œuvres, c'est un gain de souplesse que ses rivaux n'offrent pas aussi simplement.
Une bête de vidéo (avec un ventilateur, enfin)
Côté vidéo, Panasonic reste fidèle à sa réputation. Le S1R II filme en 8K, enregistre du ProRes RAW en interne et a gagné par firmware l'Open Gate 8,1K, le profil ARRI LogC3 et le focus stacking. Surtout, il embarque un ventilateur actif : là où l'A7R V et le Z8 affichent un compte à rebours thermique, le Lumix vise l'enregistrement longue durée.
- Audio 32-bit float (avec adaptateur XLR optionnel) — un argument rare à ce niveau de prix.
- Écran articulé et inclinable de 3 pouces, viseur OLED 5,76 Mpx à 120 Hz salué par Phototrend pour sa netteté.
Les limites : rolling shutter, buffer et un AF encore d'un cran derrière
Soyons clairs, parce que la crédibilité passe avant la commission : le S1R II n'est pas exempt de défauts, et certains tenaient au lancement de la simple jeunesse de produit.
- Rolling shutter. Le capteur n'est pas empilé. Cameralabs et DPReview notent une déformation visible en obturateur électronique sur les panoramiques rapides ou au téléobjectif — un défaut que les capteurs empilés du Z8 ou de l'A1 maîtrisent mieux. En usage réel, la plupart des testeurs n'en font toutefois pas un drame.
- Buffer et rafale. Au lancement, la rafale n'offrait que 10 ou 40 i/s, sans valeur intermédiaire, et la mémoire tampon saturait vite vu le poids des fichiers 44 Mpx.
- Autofocus. Énorme progrès, mais DPReview estime que le S1R II reste un cran derrière Sony et Canon sur l'action vraiment imprévisible.
- Témoin de surchauffe. Trop sensible au départ : il s'allumait avant tout vrai risque, de quoi inquiéter inutilement les vidéastes.
Phototrend résume l'évolution sans détour : avec les mises à jour, « Panasonic corrige les points sensibles de ses boîtiers phares ».
Et c'est là que ce deal prend tout son sens : la mise à jour firmware Ver. 1.3 (25 novembre 2025) a ajouté une rafale intermédiaire à 20 i/s (bien plus tenable pour le buffer), des améliorations du suivi AF et une gestion thermique nettement assouplie — témoin de chauffe moins alarmiste et durées d'enregistrement 8K/C4K rallongées. La Ver. 1.4 (28 novembre 2025) n'est, elle, qu'un correctif ciblé du format MP4 (Lite). Acheter le S1R II aujourd'hui, c'est récupérer un boîtier déjà débuggé — pas la version frustrante du premier jour.
S1R II face à la concurrence : Sony A7R V et Nikon Z8
Sur le créneau du plein format haute définition, le Lumix affronte deux poids lourds installés. Voici comment ils se départagent sur les critères qui comptent.
| Critère | Panasonic S1R II | Sony A7R V | Nikon Z8 |
|---|---|---|---|
| Capteur | 44,3 Mpx BSI (non empilé) | 61 Mpx BSI (non empilé) | 45,7 Mpx BSI empilé |
| Rafale (élec.) | 40 i/s | 10 i/s | 20 i/s (RAW) |
| Vidéo max | 8K 30p (ProRes RAW) | 8K 24p | 8K 60p |
| Refroidissement actif | Ventilateur intégré | Non | Non |
| Haute résolution | 177 Mpx à main levée | 240 Mpx (trépied + PC) | Pixel shift (trépied + PC) |
| Stabilisation (CIPA) | ~8 stops | ~8 stops | ~6 stops |
| Poids (avec batterie) | ~795 g | ~723 g | ~910 g |
| Monture | L-Mount | Sony E | Nikon Z |
La lecture est nette. Le Sony A7R V garde la couronne de la définition pure (61 Mpx) et l'autofocus le plus mûr, mais plafonne à 10 i/s et n'a pas de ventilateur. Le Nikon Z8 reste la référence action grâce à son capteur empilé et sa 8K 60p, au prix d'un gabarit plus lourd. Le S1R II, lui, mise sur la polyvalence vidéo-photo et le mode 177 Mpx à main levée, à un tarif désormais bien sous ses deux rivaux. Si la vidéo prime sur la définition, voyez notre guide des hybrides plein format orientés vidéo, où le cousin S1 II joue dans une autre cour.
Pour qui c'est fait (et pas fait)
C'est fait pour vous si :
- Vous photographiez le paysage, l'architecture ou l'œuvre d'art et rêvez d'un mode 177 Mpx exploitable sans trépied.
- Vous êtes un hybride photo-vidéo qui veut filmer longtemps sans alerte thermique.
- Vous êtes déjà investi en monture L (Panasonic, Sigma, Leica) ou cherchez à y entrer.
Passez votre chemin si :
- Vous shootez surtout du sport et de l'animalier rapide : le capteur empilé d'un Z8 reste plus serein.
- La définition maximale est votre seule obsession : les 61 Mpx du Sony A7R V gardent l'avantage.
- Vous voulez le plus petit et léger des trois : le Lumix est le plus joufflu du lot.
Le verdict de la rédac
Le Lumix S1R II est l'exemple parfait du boîtier qu'il faut juger un an après son lancement, firmware à jour et prix dégonflé. À sa sortie, c'était un appareil brillant mais bridé par des choix de jeunesse — buffer étriqué, rafale binaire, témoin de chauffe paranoïaque. Fin 2025, la plupart de ces reproches sont tombés, et Amateur Photographer parle désormais d'un boîtier « aux performances pro, à un excellent prix ».
Reste un positionnement très Panasonic : un hybride qui ne gagne aucune catégorie haut la main, mais qui en coche un nombre déraisonnable. Il filme plus longtemps que le Sony, sort des fichiers 177 Mpx que le Nikon ne sait pas faire à main levée, et coûte aujourd'hui sensiblement moins cher que les deux. Pour le créateur polyvalent, c'est exactement le genre de compromis qui fait un excellent achat.
Le verdict : pas le meilleur sur un seul terrain, mais le plus complet pour le prix. À ce tarif, le S1R II est enfin recommandable sans réserve — à condition d'aimer la monture L.
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FAQ
Est-ce que le Panasonic S1R II a un bon autofocus ?
Oui, et c'est sa plus grosse évolution. Le passage à la détection de phase hybride avec suivi par IA en fait un boîtier réellement polyvalent, là où le S1R original était limité au statique. Pour l'action très imprévisible, DPReview le situe toutefois encore un cran derrière Sony et Canon.
Le mode 177 Mpx fonctionne-t-il vraiment à main levée ?
Oui. Contrairement à Sony et Nikon qui imposent un trépied et une fusion sur ordinateur, Panasonic assemble ses 177 Mpx directement dans le boîtier, à main levée, en RAW et JPEG. C'est l'un des vrais atouts du S1R II pour le paysage et la reproduction.
Pourquoi le S1R II est-il moins cher que le Sony A7R V et le Nikon Z8 ?
Surtout par positionnement commercial et par cycle de vie : le boîtier a baissé jusqu'à son plus bas historique. Techniquement, il propose moins de définition que l'A7R V et un capteur non empilé face au Z8, mais ajoute la vidéo 8K avec ventilateur et le mode haute résolution à main levée.
Faut-il installer la dernière mise à jour firmware ?
Absolument. C'est la Ver. 1.3 (25 novembre 2025) qui ajoute la rafale intermédiaire à 20 i/s, améliore le suivi AF et assouplit la gestion thermique (témoin de surchauffe moins sensible, durées d'enregistrement rallongées) ; la Ver. 1.4 (28 novembre 2025) corrige ensuite un bug du format MP4 (Lite). Un boîtier acheté aujourd'hui doit être mis à jour avant la première sortie sérieuse.
Le rolling shutter est-il un problème sur le S1R II ?
Son capteur n'étant pas empilé, la déformation en obturateur électronique est plus marquée que sur un Nikon Z8, surtout au téléobjectif ou en panoramique rapide. En pratique, la majorité des testeurs ne le jugent pas rédhibitoire pour un usage photo courant.
Sources citées
- DPReview — Panasonic Lumix DC-S1RII review
- Phototrend — Test du Panasonic Lumix S1R II
- Phototrend — Mise à jour firmware (rafale, AF, surchauffe)
- DPReview — détail des firmwares Lumix S1RII Ver. 1.3 et Ver. 1.4 (nov. 2025)
- Amateur Photographer — Panasonic Lumix S1RII review
- Cameralabs — Panasonic Lumix S1R II review
- TechRadar — Panasonic Lumix S1R II review
- Fstoppers — Panasonic S1R II vs Sony a7R V