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Tourner en anamorphique sur hybride Nikon Z : le guide pratique avec le SIRUI 40mm T1.8

Le look cinéma 2.35:1 sans louer du Cooke. On décrypte l'anamorphique 1,33x avec le SIRUI 40mm T1.8 AF (709,99 € au lieu de 755 €) sur hybrides Nikon Z : concept, pièges, workflow.

Par Jean-Philippe 11 min de lecture
Objectif SIRUI 40mm T1.8 1.33x anamorphique autofocus en monture Nikon Z
Objectif SIRUI 40mm T1.8 1.33x anamorphique autofocus en monture Nikon Z

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L'anamorphique, c'est ce petit truc qui sépare visuellement un film tourné par un cinéaste d'une vidéo tournée par un photographe qui filme. Les flares horizontaux bleus qui balayent l'écran, le bokeh oval, la sensation d'être dans un format cinéma plutôt que devant une vidéo carrée. Pendant des décennies, c'était hors d'atteinte : une optique anamorphique Cooke ou Hawk se loue 800 € la journée, s'achète 30 000 € pièce, et exige un focus puller dédié.

Le paysage a basculé en 2024-2025. SIRUI a sorti son 40mm T1.8 1,33x anamorphique avec autofocus — premier du genre — disponible en monture Nikon Z parmi d'autres, pour un tarif qui se compte en centaines d'euros, pas en milliers. À 709,99 € sur Amazon ces jours-ci (au lieu de 755 €), l'objectif transforme un Z6III, un Z8 ou un Z fc en caméra anamorphique exploitable. La rédac Conseils Photos a creusé le sujet auprès des testeurs spécialisés vidéo pour produire ce guide pratique : ce que change l'anamorphique, comment on règle un capteur Z autour, et les erreurs à ne surtout pas commettre quand on débute.

L'article s'adresse aux photographes Nikon Z qui veulent ajouter une corde vidéo sérieuse à leur arc, sans bricoler avec des adaptateurs de speed booster ou des bagues d'allonge. On suppose que tu connais l'ouverture, l'ISO et la balance des blancs ; on ne va pas refaire ces bases. En revanche, on attaque de plein fouet ce qui rend l'anamorphique différent.

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L'anamorphique, kézako exactement ?

Un objectif anamorphique écrase horizontalement l'image lors de la prise de vue. Concrètement, là où un objectif classique (dit « sphérique ») projette une scène avec ses proportions naturelles sur le capteur, un objectif anamorphique compresse la scène sur l'axe horizontal d'un facteur donné — le fameux « squeeze ratio ». À la prise de vue, ton image ressemble à une image étirée verticalement, les visages sont étrangement allongés, les voitures paraissent toutes des Smart.

En post-production, tu appliques l'opération inverse : tu désanamorphoses l'image, et tu récupères un cadre élargi au format cinéma — 2.35:1 ou 2.39:1 selon la conversion exacte. Tu obtiens donc un champ horizontal plus large que ce que t'offrirait le même boîtier avec un objectif sphérique de focale équivalente.

Pourquoi ça intéresse les vidéastes

  • Le format scope (2.35:1 ou 2.39:1) est le langage visuel du cinéma hollywoodien depuis les années 1950. L'œil l'associe immédiatement à une production « pro ».
  • Le bokeh ovale est une signature optique impossible à reproduire en post-production sphérique. Les sources lumineuses défocalisées s'étirent verticalement, créant un effet de profondeur dramatique.
  • Les flares horizontaux — ces traînées bleues ou orange qui balaient l'écran face à une source forte — sont devenues l'emblème visuel du blockbuster moderne, popularisées par J.J. Abrams dans Star Trek (2009).

« Le SIRUI 40mm délivre une image très propre, presque trop propre par moments. C'est l'inverse du caractère « cassé » des vieux Lomo russes que les indés adorent — mais c'est précisément ce qui le rend exploitable au quotidien. » — synthèse des testeurs Dustin Abbott et CineD, qui s'accordent sur ce point.

Pourquoi 1,33x et pas 2x comme au cinéma ?

Les vraies optiques anamorphiques de cinéma compressent l'image d'un facteur 2x. C'est ce qui leur donne leurs propriétés optiques signature les plus marquées : bokeh très elliptique, flares très étalés, distorsions caractéristiques. Mais ces objectifs sont conçus pour des capteurs au format 4:3 ou 3:2 spécifiques, généralement des caméras dédiées.

Les capteurs des hybrides modernes (Sony, Nikon, Canon) sont au format 3:2 en photo et 16:9 (1.77:1) en vidéo. Si tu colles un objectif 2x sur un capteur 16:9, tu obtiens en désanamorphose un ratio de 3.55:1 — ultra-large, inexploitable hors expérimentation. Le ratio 1,33x est le compromis pensé spécifiquement pour les capteurs 16:9 : 16:9 × 1,33 = 21.27:9 ≈ 2.35:1. Exactement le format scope sans rognage absurde.

Conséquence pratique : un objectif 1,33x comme le SIRUI 40mm T1.8 te donne l'esthétique scope en pleine résolution de ton capteur, sans devoir cropper ton image en post. Sur un Z8 qui filme en 4K UHD (3840×2160), tu sors un master 4K scope (3840×1634 environ) sans interpolation.

Le bémol de l'autofocus pour anamorphique

L'autofocus sur optique anamorphique, c'était techniquement impossible jusqu'en 2024 : la mise au point déforme la géométrie de l'élément cylindrique, ce qui provoque un effet de respiration anamorphique difficile à gérer. SIRUI est le premier à avoir réussi à industrialiser un AF anamorphique grand public. Les retours utilisateurs convergent : ça marche, mais avec quelques caveats.

  • Le moteur STM est silencieux et fiable en tracking visage. Dustin Abbott rapporte un verrouillage solide sur sujets en mouvement, même à travers une vitre.
  • En revanche, le plan focal qui se déforme (focus shift) reste un comportement subtil mais réel : le testeur Brian Cho note que les transitions de mise au point ne sont pas parfaitement « plates » comme sur un objectif sphérique haut de gamme.
  • Une mise à jour firmware début 2025 a amélioré la vitesse et la confiance de l'AF, particulièrement sur le tracking continu.

Le matériel pour démarrer en monture Nikon Z

Si tu te lances dans l'anamorphique sur Z, voici comment se positionnent les principales options accessibles en 2026, ancré sur ce que la rédac et les testeurs spécialisés (Newsshooter, CineD, DustinAbbott.net) ont documenté.

CritèreSIRUI 40mm T1.8 AFSIRUI 50mm T2.9 1.6x SaturnGreat Joy 60mm T2.9 1.8x
Squeeze1,33x1,6x1,8x
Ratio final (16:9)2.35:12.84:13.20:1
Ouverture maxT1.8T2.9T2.9
Mise au pointAutofocus STMManuelleManuelle
Format capteurS35 / APS-CPlein formatPlein format
Couleur des flaresNeutre (version Z)BleusOrange / dorés
Poids614 g1 050 g1 200 g
Prix indicatif709 €1 599 €1 099 €

Le SIRUI 40mm T1.8 AF est clairement l'option d'entrée — celle qui ne demande ni focus puller ni expérience préalable. Les versions manuelles à 1,6x ou 1,8x délivrent un caractère anamorphique plus marqué (bokeh plus écrasé, flares plus dramatiques), mais elles imposent une rigueur de pull focus que tout le monde n'a pas. Sur un Z fc, un Z50II ou un Z6III utilisé en crop DX, le SIRUI 40mm devient l'équivalent terrain d'un 60mm — focale parfaite pour le portrait et le plan rapproché, qui est aussi l'usage où l'esthétique anamorphique paie le plus.

Les boîtiers Z compatibles

L'objectif étant conçu pour le format S35/APS-C et livré en monture Z native, il fonctionne directement sur :

  • Z fc, Z30, Z50, Z50II — capteur DX, focale équivalente ~60mm en 24x36, idéal portrait.
  • Z5II, Z6III, Z7II, Z8, Z9 — capteur plein format, à utiliser en mode crop DX ou crop APS-C pour éviter le vignetage. Le Z8 et le Z9 conservent une résolution exploitable même en crop (5,4K oversamplé sur Z9).

Les pièges classiques quand on débute

Filmer en anamorphique, ce n'est pas juste « mettre l'optique et appuyer sur Rec ». Quatre erreurs reviennent systématiquement dans les premiers projets :

  1. Oublier de désanamorphoser dans le viseur. Si ton boîtier ne propose pas de mode de monitoring désanamorphosé — la disponibilité de cette fonction varie selon le modèle et la version de firmware, à vérifier dans le manuel Nikon ou les notes de mise à jour officielles —, tu cadres une image étirée verticalement. Tes proportions seront fausses : un visage qui paraît bien cadré à la prise de vue sera coupé en haut une fois désanamorphosé. Solution : mettre des repères mentaux (« si je vois le sommet du crâne, je couperai le menton ») ou utiliser un moniteur externe avec mode 1,33x intégré.
  2. Filmer trop large. L'instinct du débutant est de cadrer comme avec un sphérique. Or l'anamorphique 1,33x élargit déjà le champ horizontal d'un tiers. Si tu cadres « normalement », tu vas te retrouver avec des plans trop aérés une fois désanamorphosés. Resserre tes plans de 15-20%.
  3. Sous-estimer la mise au point manuelle. Même si le 40mm T1.8 a l'AF, il reste un objectif de cinéma. Les transitions d'AF sont visibles, parfois maladroites en milieu de plan. Pour les scènes importantes, privilégie le focus manuel avec peaking activé.
  4. Ignorer la post-production. Si tu ne désanamorphoses pas correctement (facteur exact 1,33x, pas 1,3x ou 1,35x), tes cercles deviennent des œufs et tout ton métrage paraît « off ». DaVinci Resolve, Premiere Pro et Final Cut intègrent un preset 1,33x, à appliquer dès l'import.

Règle simple : si c'est ta première sortie anamorphique, tourne en parallèle une prise « témoin » au sphérique. Ça te sauvera la mise quand tu découvriras en post qu'un plan est inexploitable parce que tu as cadré trop large.

Workflow de post-production express

En partant d'un fichier H.265 4K UHD shooté sur un Nikon Z8 avec le SIRUI 40mm T1.8 :

  1. Importe ton clip dans DaVinci Resolve (gratuit, plus puissant que Premiere pour l'anamorphique).
  2. Clique droit sur le clip dans la Media Pool → Clip AttributesVideo → règle Pixel Aspect Ratio sur 1.33 anamorphique.
  3. Crée une timeline en 3840×1634 (master 4K scope natif).
  4. Drag le clip dans la timeline, il s'affiche désanamorphosé.
  5. Étalonnage : les flares anamorphiques répondent très bien à une dominante chaude poussée sur les hautes lumières.

Sur un capteur DX (Z fc, Z50II), tu peux directement filmer en 4K UHD et désanamorphoser dans une timeline 3840×1634. Sur un plein format (Z6III, Z8, Z9), passe en mode crop DX/APS-C avant de tourner — sinon vignetage assuré sur les bords.

Le verdict de la rédac

Le SIRUI 40mm T1.8 1,33x anamorphique en monture Z n'est pas un objectif « caméléon » qui ferait tout. C'est un outil ultra-spécialisé pour les vidéastes qui veulent franchir le mur du look cinéma sans investir dans une caméra dédiée. À 709 €, il fait basculer le rapport effort/résultat dans le bon sens : tu peux tourner un court-métrage scope crédible avec un Z8 et cet objectif, sans louer la moindre caméra.

Les puristes lui reprocheront son rendu « propre », son squeeze 1,33x qui n'a pas le caractère d'un vrai 2x, et l'absence des défauts optiques qui font le charme des vieux SLR Magic ou Lomo. C'est vrai. Mais ces puristes ont aussi un budget de 5 000 € minimum pour leur set anamorphique. Pour le 90 % des photographes Z qui veulent simplement enrichir leur vidéo d'une signature visuelle cinéma, le SIRUI fait le job sans demander une thèse de fin d'études cinéma.

Le deal du jour à 709,99 € — soit -6 % sur le prix de référence et le plus bas historique constaté sur Amazon.fr selon le tracker du moment — vaut le coup pour qui hésite. Les SIRUI ne soldent pas leurs optiques tous les quatre matins.

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FAQ

Est-ce que le SIRUI 40mm T1.8 anamorphique fonctionne sur un Nikon Z9 plein format ?

Oui, mais en mode crop DX ou crop APS-C obligatoirement, sinon tu verras un vignetage marqué dans les coins. Le Z9 conserve une excellente résolution en crop (environ 19,3 Mpx en photo, 5,4K en vidéo oversamplée), donc tu ne perds quasiment rien en qualité utile.

Comment se compare le 1,33x au vrai 2x du cinéma ?

Le 1,33x est pensé pour les capteurs 16:9 modernes : il donne du scope (2.35:1) en pleine résolution capteur. Le 2x classique vient d'une époque de capteurs 4:3 et délivre un caractère anamorphique plus marqué (bokeh plus écrasé, flares plus longs). Sur un hybride 16:9, le 2x impose de rogner verticalement et donne un ratio inexploitable. Le 1,33x est l'optimum mathématique pour le matériel moderne.

Quelle différence entre les variantes « Neutral Flare » et « Blue Flare » ?

SIRUI propose deux variantes optiques de son 40mm anamorphique : une version Neutral Flare (flares plutôt blancs ou jaunes, plus discrets et polyvalents en étalonnage) et une version Blue Flare (les fameux flares bleus horizontaux signature anamorphique, plus marqués et plus typés). Ces deux variantes existent sur plusieurs montures, dont Nikon Z : le choix dépend de la référence et du stock disponible, pas strictement de la monture. Le rendu Neutral est plus sûr en usage corporate ou clip ; le Blue Flare convient mieux à la fiction.

Faut-il un filtre variable ND avec cet objectif ?

Très fortement recommandé. T1.8 en plein soleil sature même un Z8 à 1/8000s, surtout si tu veux respecter la règle des 180° (1/50s à 24p, 1/100s à 50p). Le filetage de 67 mm permet d'utiliser des ND variables abordables. Compte 50 à 100 € pour un ND variable correct, indispensable dès qu'on filme à l'extérieur en lumière naturelle.

Pourquoi ce produit coûte 700 € alors qu'un Cooke anamorphique en vaut 30 000 ?

Les Cooke et autres Hawk, Atlas ou Master Anamorphic sont conçus pour cinéma 35mm professionnel, avec des tolérances mécaniques au micron, des couvertures plein format pleines, des focus pullings calibrés sur 8 mètres de course, et une chaîne de fabrication artisanale. Le SIRUI vise les hybrides S35/APS-C avec une optique « assez bonne pour 99 % des usages indépendants ». C'est la même différence qu'entre une Honda Civic et une Porsche 911 : les deux te déposent à destination, l'une a juste deux zéros de plus.

Sources citées

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