Conseils Photos
🔍
Tests matériel

Test OM System OM-5 Mark II : le petit hybride tout-temps vaut-il ses 1 200 € ?

L'OM-5 Mark II corrige les défauts de l'OM-5 sans toucher au capteur. Tropicalisation IP53, stabilisation de référence, mais AF et vidéo datés : la rédac fait le tri, face au Fujifilm X-S20.

Par Jean-Philippe • • 11 min de lecture
Boîtier hybride OM System OM-5 Mark II, compact Micro 4/3 tropicalisé IP53
Boîtier hybride OM System OM-5 Mark II, compact Micro 4/3 tropicalisé IP53

Cet article contient des liens d'affiliation Amazon. Si tu passes commande via ces liens, Conseils Photos touche une petite commission sans surcoût pour toi — c'est ce qui fait tourner la boutique. On ne recommande jamais un produit qu'on ne recommanderait pas sans affiliation.

Le boîtier nu de l'OM System OM-5 Mark II passe sous la barre symbolique des 1 200 € sur Amazon, alors qu'il a été lancé à 1 299 € en juillet 2025. Cent euros de remise, ce n'est pas la braderie du siècle. Mais sur un hybride qui revendique le titre de petit baroudeur tropicalisé le plus abordable du marché, la question mérite d'être posée : à ce tarif, est-ce le bon boîtier pour partir en montagne, en voyage ou sous la pluie bretonne ?

Disons-le d'emblée : l'OM-5 Mark II n'est pas une révolution. C'est le même capteur 20,4 Mpx que l'OM-5 de 2022, le même viseur, le même écran. OM System a surtout corrigé ce qui fâchait (le port micro-USB d'un autre âge, des menus hérités d'Olympus) et ajouté un bouton dédié aux modes computationnels. Amateur Photographer résume l'affaire d'une formule : c'est « peut-être ce que l'OM-5 aurait dû être trois ans plus tôt ».

La rédac Conseils Photos a croisé les tests publiés par Amateur Photographer, Photography Blog, Cameralabs et Phototrend pour trancher : qualités réelles, vraies limites, et comparaison directe avec le concurrent qui lui vole le plus de clients, le Fujifilm X-S20.

Voir le prix actuel de l'OM System OM-5 Mark II sur Amazon

Ce qui change vraiment par rapport à l'OM-5

La fiche technique de base ne bouge pas : capteur Live MOS Micro 4/3 de 20,4 Mpx, processeur TruePic IX, viseur OLED de 2,36 millions de points, écran orientable de 3 pouces. Les nouveautés tiennent en une liste courte :

  • Port USB-C à la place du micro-USB, pour recharger sur batterie externe, transférer les fichiers et utiliser le boîtier en webcam.
  • Bouton CP (Computational Photography) qui donne un accès direct au Live ND, au High Res Shot, au focus stacking, au HDR et à l'exposition multiple.
  • Poignée agrandie, nettement plus confortable selon l'ensemble des testeurs.
  • Nouveaux menus, alignés sur ceux de l'OM-1 Mark II et de l'OM-3.
  • Vidéo enrichie : nouveaux profils OM-Cinema1 et OM-Cinema2 et voyant d'enregistrement (tally) à l'avant. Le profil OM-Log400, lui, était déjà présent sur l'OM-5 de 2022 : il est reconduit, pas nouveau.

Joshua Waller (Amateur Photographer) : « Une mise à jour mineure d'un très bon appareil, ça reste un très bon appareil. »

Les forces de l'OM-5 Mark II

Une tropicalisation que personne n'offre à ce prix

C'est l'argument massue. Le boîtier est certifié IP53 contre la poussière et les projections, et donné pour fonctionner jusqu'à -10 °C. Cameralabs souligne qu'une protection de ce niveau reste rare dans cette gamme de prix, et Amateur Photographer va jusqu'à le qualifier de « meilleur rapport qualité/prix jamais vu pour un boîtier tropicalisé ». Nuance importante, que précise le manuel : la résistance à l'eau (IPX3) n'est garantie qu'avec un objectif ou accessoire OM System lui-même certifié IPX3 ou plus, objectif monté et tous les capots (batterie, carte, connecteurs) bien fermés. Un objectif simplement présenté comme « tropicalisé » ne suffit pas à garantir l'indice, et les prises USB-C et HDMI ouvertes (pour une alimentation externe, par exemple) ne sont plus protégées. Sous la pluie, vérifie donc la liste de compatibilité constructeur et évite de changer d'objectif ou d'ouvrir un capot tant que le boîtier est mouillé.

Une stabilisation de référence

La stabilisation 5 axes annonce 6,5 IL sur le boîtier seul et jusqu'à 7,5 IL avec les optiques compatibles Sync IS, comme le M.Zuiko 12-100 mm f/4 IS PRO. Phototrend la juge « excellente », et Photography Blog la place parmi les meilleurs atouts du boîtier. Concrètement, des poses de plusieurs dixièmes de seconde à main levée deviennent jouables, ce qui change la vie en intérieur sombre ou en pose longue improvisée.

La photo computationnelle à portée de pouce

Le vrai trésor d'OM System reste ses modes de calcul. Le bouton CP en regroupe une partie — d'après le manuel constructeur, il donne accès au High Res Shot (trépied ou main levée), au Live ND, au focus stacking, au HDR et à l'exposition multiple :

  • Live ND jusqu'à ND16 : un filtre gris neutre virtuel pour lisser une cascade sans rien visser devant l'objectif.
  • High Res Shot : 50 Mpx à main levée, 80 Mpx en RAW sur trépied.
  • Focus stacking : fusion intégrée de plusieurs images en un JPEG, précieuse en macro — mais réservée aux objectifs compatibles (voir plus bas).

Deux autres fonctions phares ne passent pas par le bouton CP :

  • Live Composite, pour les filés d'étoiles ou les feux d'artifice, s'active depuis le mode B (pose longue).
  • Pro Capture, qui enregistre des images avant même l'appui complet sur le déclencheur, se règle dans les modes de déclenchement.

Point d'attention pour les macrophotographes : selon le manuel, le focus stacking intégré n'est disponible qu'avec les objectifs qui le prennent en charge (liste sur le site d'OM System). Avec une autre optique macro, il reste le focus bracketing, qui enregistre une série d'images à différentes distances de mise au point, à assembler ensuite dans un logiciel (Helicon Focus, Zerene Stacker, Photoshop). Vérifie la compatibilité de ton objectif avant d'acheter le boîtier pour cette fonction.

Quatre fiches décrivant Live ND, High Res Shot, focus stacking et Pro Capture sur l’OM-5 Mark II, avec leurs limites face au mouvement.
Choisir un mode computationnel selon le mouvement du sujet et le résultat recherché ; la stabilisation ne fige pas un sujet mobile.

Compact, léger, et un système d'optiques complet

Avec 418 g batterie et carte comprises, l'OM-5 Mark II se glisse dans une sacoche de ceinture. Surtout, le Micro 4/3 offre des optiques compactes : c'est le poids du système complet, pas seulement celui du boîtier, qui fait la différence en randonnée. Gordon Laing (Cameralabs) salue au passage ses molettes « petites mais avec un excellent retour tactile, qui pourraient apprendre une chose ou deux à Fujifilm ».

Les limites à connaître avant d'acheter

Là où ça coince, les testeurs sont tout aussi unanimes :

  • Autofocus daté : 121 collimateurs croisés à détection de phase, mais une détection de sujet limitée aux visages et aux yeux humains. Pas d'oiseaux, pas d'animaux, pas de véhicules. Cameralabs juge la limitation « restrictive », ce qui est ironique pour une marque très appréciée des naturalistes.
  • Vidéo en retrait : 4K jusqu'à 30p en 8 bits seulement, pas de 4K 60p, pas de 10 bits interne. Cameralabs prévient que les vidéastes vont le regretter.
  • Rafale mécanique réduite : 6 i/s en suivi AF en mécanique, 10 i/s en électronique avec C-AF, 30 i/s sans suivi. Le chiffre de 120 i/s qui circule sur certaines fiches commerciales ne correspond pas à ce boîtier.
  • USB-C sans Power Delivery : la recharge de la batterie ne se fait que boîtier éteint. Phototrend parle d'« une limitation décevante pour un appareil lancé en 2025 ». Le boîtier peut en revanche être alimenté pendant la prise de vue par une batterie externe ou un adaptateur USB 5 V / 1,5 A, ce qui ménage la batterie interne (voir la FAQ).
  • Autonomie moyenne : environ 310 vues par charge (640 en mode veille rapide) avec la batterie BLS-50. Une deuxième batterie est indispensable en voyage.
  • Ergonomie discutable par endroits : la touche de correction d'exposition a disparu au profit du bouton CP, et l'interrupteur marche/arrêt reste à gauche, relève Photography Blog.

Avis tranché de la rédac : si tu photographies des oiseaux en vol ou du sport, passe ton chemin. L'OM-5 Mark II est un boîtier de paysage, de voyage et de macro, pas un chasseur d'action.

Face au Fujifilm X-S20 : le duel des hybrides compacts à 1 200 €

Comparatif OM-5 Mark II et Fujifilm X-S20 : poids, protection météo, détection de sujet, vidéo et autonomie.
Le choix dépend des contraintes de terrain et des objectifs. La certification IP53 de l’OM-5 Mark II exige une configuration protégée conforme au manuel.

À budget comparable, le concurrent le plus évident est le Fujifilm X-S20, un APS-C stabilisé très prisé des créateurs de contenu. La rédac lui a consacré un test complet. Voici comment les deux se comparent sur le papier, d'après les fiches constructeur et les tests cités.

CritèreOM System OM-5 Mark IIFujifilm X-S20
CapteurMicro 4/3, 20,4 MpxAPS-C X-Trans 4, 26,1 Mpx
Stabilisation6,5 IL (7,5 IL Sync IS)Jusqu'à 7 IL
TropicalisationIP53, -10 °CNon
Détection de sujetVisage et yeuxHumains, animaux, oiseaux, véhicules
Vidéo max4K 30p 8 bits6,2K 30p 10 bits
Autonomie (CIPA)310 vues750 vues
Poids (batterie incluse)418 g491 g
Modes computationnelsLive ND, High Res, stackingLimités

Le verdict de cette comparaison est assez net. Le X-S20 l'emporte sur tout ce qui touche à la vidéo, à l'autonomie et à l'autofocus moderne : sa détection de sujet par apprentissage profond et son 6,2K 10 bits jouent dans une autre catégorie. L'OM-5 Mark II reprend l'avantage dès que la météo se gâte ou que le sac doit rester léger : tropicalisation certifiée, système d'optiques plus compact, et des modes computationnels qui remplacent filtres et trépied dans bien des situations.

Si tu hésites aussi avec les grands frères de la gamme OM System, la rédac a comparé l'OM-5 Mark II, l'OM-1 Mark II et le Lumix G9 II dans son guide des Micro 4/3 tropicalisés pour la randonnée, et testé l'OM-3 au capteur empilé.

Pour qui c'est fait, pour qui ça ne l'est pas

L'OM-5 Mark II est fait pour toi si…

  • Tu pratiques la randonnée, le trek ou le voyage et chaque gramme compte.
  • Tu photographies régulièrement sous la pluie, dans la poussière ou par temps froid.
  • Tu fais du paysage ou de la macro et tu veux exploiter le Live ND, le focus stacking (avec un objectif compatible) ou le High Res.
  • Tu as déjà des optiques Micro 4/3 et tu cherches un boîtier secondaire léger.

Passe ton chemin si…

  • Tu filmes sérieusement : l'absence de 10 bits et de 4K 60p est rédhibitoire.
  • Tu photographies la faune en mouvement, les oiseaux ou le sport.
  • Tu possèdes déjà un OM-5 : Photography Blog estime qu'il y a « peu de raisons » de passer à la version Mark II.
  • Tu vises la meilleure qualité d'image en basse lumière : un APS-C ou un plein format garde l'avantage.

Le verdict de la rédac

L'OM-5 Mark II est un appareil honnête, qui ne prétend pas être autre chose qu'un excellent compagnon d'aventure. Sa tropicalisation, sa stabilisation et ses modes computationnels forment une combinaison qu'aucun concurrent n'aligne à ce prix. Ses limites sont tout aussi claires : autofocus sans détection d'animaux, vidéo 8 bits, autonomie courte.

En une phrase : le meilleur hybride de randonnée tout-temps sous 1 300 €, à condition de ne pas lui demander de filmer ni de suivre un oiseau en vol.

À un peu moins de 1 200 € boîtier nu, l'offre devient cohérente face à un Fujifilm X-S20 plus polyvalent mais pas tropicalisé. Pour un premier boîtier de voyage ou un second boîtier léger, la rédac le recommande sans arrière-pensée. Pour un usage hybride photo-vidéo, elle oriente plutôt vers le Fujifilm.

Voir le prix actuel de l'OM System OM-5 Mark II sur Amazon

FAQ

Est-ce que l'OM-5 Mark II vaut le coup si j'ai déjà un OM-5 ?

Rarement. Le capteur, le viseur et l'écran sont identiques. Les gains se limitent à l'USB-C, à la poignée plus confortable, aux nouveaux menus et au bouton CP. Si ton OM-5 te convient, garde ton budget pour une optique.

Est-ce que l'OM-5 Mark II est vraiment étanche ?

Il est certifié IP53, c'est-à-dire protégé contre la poussière et les projections d'eau, et fonctionne jusqu'à -10 °C. Il résiste à la pluie, mais il n'est pas conçu pour être immergé. Attention aux conditions : la protection contre l'eau n'est garantie qu'avec un objectif OM System certifié IPX3 ou plus, monté sur le boîtier, et avec tous les capots fermés — connecteurs USB et HDMI compris. Un objectif simplement « tropicalisé » sans indice certifié ne suffit pas.

Quelle différence entre l'OM-5 Mark II et l'OM-1 Mark II ?

L'OM-1 Mark II utilise un capteur empilé plus rapide, une détection de sujet par IA (oiseaux, animaux, véhicules) et des rafales bien plus élevées. L'OM-5 Mark II est plus petit, plus léger et nettement moins cher, mais nettement moins à l'aise sur le sujet en mouvement.

Est-ce que l'OM-5 Mark II est bon en vidéo ?

Il dépanne mais ne convainc pas : 4K jusqu'à 30p en 8 bits seulement, sans 4K 60p ni 10 bits interne. Il dispose d'une prise micro et du profil OM-Log400, mais pas de prise casque. Pour la vidéo, un Fujifilm X-S20 est plus adapté.

Comment recharger l'OM-5 Mark II en voyage ?

Il faut distinguer deux usages du port USB-C. Recharger la batterie : sur une batterie externe ou un chargeur de téléphone, uniquement boîtier éteint, et sans protocole Power Delivery. Alimenter le boîtier en fonctionnement : c'est possible avec une source USB de 5 V / 1,5 A — on branche le câble boîtier éteint, on l'allume, puis on choisit « Power Supply » si l'appareil le demande. Une batterie suffisamment chargée doit rester insérée. Cette alimentation réduit la consommation de la batterie sans garantir une autonomie illimitée : par forte chaleur ou en vidéo, elle peut être interrompue et la durée d'enregistrement raccourcie. Avec une autonomie d'environ 310 vues, une deuxième batterie BLS-50 reste fortement conseillée.

Sources citées

#tropicalise #hybride #micro-4-3 #randonnee #om-system

À lire aussi