Zoom de voyage plein format : Nikon Z 28-400 vs Canon RF 24-240 vs Tamron 28-300, lequel choisir ?
Un seul objectif pour tout le voyage ? La rédac compare les trois superzooms plein format de référence — Nikon Z 28-400, Canon RF 24-240 et Tamron 28-300 — à partir des tests de Cameralabs, TechRadar et Phototrend.
Cet article contient des liens d'affiliation Amazon. Si tu passes commande via ces liens, Conseils Photos touche une petite commission sans surcoût pour toi — c'est ce qui fait tourner la boutique. On ne recommande jamais un produit qu'on ne recommanderait pas sans affiliation.
Le Nikon Nikkor Z 28-400mm f/4-8 VR passe sous son prix de lancement (1 549 €) sur Amazon, et c'est l'occasion de reposer une question vieille comme le sac photo : peut-on partir en voyage avec un seul objectif sur un hybride plein format, sans sacrifier la qualité d'image ? Le superzoom a longtemps eu mauvaise réputation — mou, sombre, lourd. Les générations hybrides ont changé la donne.
Trois références dominent aujourd'hui le créneau, une par grande monture : le Nikon Z 28-400 (le plus long), le Canon RF 24-240mm f/4-6.3 IS USM (le plus large) et le Tamron 28-300mm f/4-7.1 Di III VC VXD pour Sony E (le plus léger). La rédac Conseils Photos a croisé les tests de Cameralabs, TechRadar, Photography Blog, Digital Camera World et Phototrend pour te dire lequel mérite sa place dans ton sac — et dans quels cas il vaut mieux passer son chemin.
Pour la petite histoire : ces trois objectifs ne sont pas en concurrence directe, puisque chacun est lié à sa monture. Le vrai choix, c'est souvent « superzoom ou pas superzoom ». On y répond aussi.
Voir le prix actuel du Nikon Z 28-400mm f/4-8 VR sur Amazon
Les trois superzooms plein format en présence

Nikon Z 28-400mm f/4-8 VR : le record de portée
Sorti au printemps 2024, c'est le zoom le plus étendu de la monture Z : un rapport de 14,3x qui va du grand-angle modéré au super-téléobjectif. Selon la fiche Nikon reprise par Phototrend, il embarque 21 lentilles en 15 groupes (dont 4 ED et 3 asphériques), pèse 725 g et mesure 141,5 mm replié.
- Stabilisation optique VR annoncée à 5 stops, 5,5 stops en Synchro VR avec les Z f, Z8 et Z9
- Mise au point minimale de 20 cm à 28 mm, soit un grandissement de 0,35x — de la quasi-proxi
- Tropicalisation (joints à la monture et aux parties mobiles), fût en polycarbonate
- Moteur pas-à-pas, filetage 77 mm
TechRadar résume : « an attractive multi-purpose lens for amateurs and enthusiasts », et le recommande sans détour à qui veut un seul objectif. Photography Blog lui donne 4/5 et salue une netteté au centre « excellente à toutes les focales, même à pleine ouverture ».
Canon RF 24-240mm f/4-6.3 IS USM : le vétéran polyvalent
Lancé dès 2019 avec les premiers EOS R, c'est le superzoom maison de Canon : 10x, 750 g, ouverture f/4 à 24 mm qui tombe à f/6,3 dès 109 mm. Son gros atout : il démarre à 24 mm, ce qui change tout en intérieur ou en paysage urbain.
- Stabilisation optique annoncée à 5 stops
- Autofocus Nano USM, jugé « rapide, précis et quasi silencieux » par Cameralabs
- Pas de tropicalisation, pas de pare-soleil fourni
- Corrections numériques de distorsion et de vignetage « assez substantielles » appliquées en coulisses, note Cameralabs
Tamron 28-300mm f/4-7.1 Di III VC VXD : le poids plume pour Sony
Réservé à la monture Sony E, le Tamron joue la carte de la compacité : 610 g, filtre 67 mm, 10,7x. Digital Camera World lui accorde 4,5/5 et le décrit comme « un bon choix tout-en-un si tu privilégies la portée au téléobjectif plutôt que les grands angles ».
- Stabilisation optique VC et moteur linéaire VXD
- Joints d'étanchéité et traitement fluorine sur la lentille frontale
- Grandissement de 0,36x au grand-angle (MAP 19 cm)
- Uniquement disponible en monture Sony E
Le comparatif point par point
| Critère | Nikon Z 28-400 VR | Canon RF 24-240 IS USM | Tamron 28-300 VXD |
|---|---|---|---|
| Monture | Nikon Z | Canon RF | Sony E |
| Plage focale | 28-400 mm | 24-240 mm | 28-300 mm |
| Rapport de zoom | 14,3x | 10x | 10,7x |
| Ouverture max | f/4-8 | f/4-6,3 | f/4-7,1 |
| Poids | 725 g | 750 g | 610 g |
| Filtre | 77 mm | 72 mm | 67 mm |
| MAP mini (grand-angle) | 0,20 m | 0,50 m | 0,19 m |
| Stabilisation | VR 5 stops | IS 5 stops | VC optique |
| Tropicalisation | Oui | Non | Oui |
| Motorisation AF | Pas-à-pas | Nano USM | VXD linéaire |
| Positionnement prix | Le plus cher | Intermédiaire | Le plus accessible |
Ce que la table ne dit pas : la luminosité réelle au téléobjectif. Cameralabs relève que le Nikon passe à f/8 dès environ 190 mm. Concrètement, à 240 mm, le Canon ouvre à f/6,3 là où le Nikon est déjà à f/8 — soit environ deux tiers de stop d'écart. C'est le prix à payer pour aller chercher 400 mm dans 725 g.
Un superzoom, c'est un contrat : tu échanges de la lumière et un peu de piqué en périphérie contre la liberté de ne jamais changer d'objectif. Si ce contrat te gêne, aucun des trois ne te rendra heureux.
Forces et limites : ce que disent les testeurs
Qualité d'image
- Nikon : Photography Blog souligne des aberrations chromatiques et une distorsion bien contrôlées, mais un vignetage « plus marqué qu'espéré ». Cameralabs est plus sévère sur les bords : mous hors du centre (sauf à 28 mm) et en proxi.
- Canon : bons résultats sur l'ensemble du cadre selon Cameralabs, mais « pas particulièrement piqué ni contrasté », avec des coins qui s'adoucissent à 24 mm. Et l'évaluation repose sur des JPEG corrigés boîtier — en RAW non corrigé, attends-toi à une distorsion visible.
- Tamron : Digital Camera World le juge convaincant pour un tout-en-un, son principal reproche étant l'angle limité à 28 mm.
Ergonomie et construction
Les trois rallongent nettement en zoomant : environ 100 mm de plus pour le Nikon selon Photography Blog, 70 mm pour le Canon selon Cameralabs, à peu près 7-8 cm pour le Tamron. Le Nikon a pour lui un verrou de zoom, une bague multifonction et une tropicalisation que le Canon n'a pas. Photography Blog regrette en revanche un fût majoritairement en plastique et l'absence de commandes externes au-delà de la bague.
Autofocus et vidéo
Aucun des trois ne pose problème pour le voyage ou la vidéo familiale. Cameralabs note une respiration de mise au point très faible sur le Nikon, un plus en vidéo. Le Canon se montre « plus vif » que le RF 24-105 STM, toujours selon Cameralabs.

Si la notion d'ouverture glissante te paraît floue, notre explication détaillée ouverture constante vs glissante pose les bases.
Quel superzoom pour quel usage ?
Tu es chez Nikon et tu veux de l'animalier occasionnel
Le Z 28-400 est le seul des trois à atteindre 400 mm. Pour un safari, un voyage en Islande ou des oiseaux au bord de la plage, c'est un argument massue. En APS-C (Z50 II, Z fc), il équivaut à un 42-600 mm, et sa VR prend le relais sur les boîtiers non stabilisés.
Tu es chez Nikon mais tu photographies surtout de la ville
Cameralabs met le doigt dessus : le Nikkor Z 24-200 f/4-6.3 VR est plus petit, plus léger, moins cher, démarre 4 mm plus large et ouvre environ deux tiers de stop de plus au téléobjectif. Si 200 mm te suffisent, c'est probablement le meilleur choix. Si tu débutes en plein format chez Nikon, notre test du Z5 II en kit 24-105 peut aussi t'éclairer.
Tu es chez Canon
Le RF 24-240 reste la réponse naturelle, surtout pour les intérieurs et l'architecture grâce à son 24 mm. Attention à l'absence de tropicalisation si tu pars sous les tropiques ou en randonnée humide.
Tu es chez Sony
Le Tamron 28-300 est le plus léger du trio et le seul à combiner tropicalisation et traitement fluorine dans ce poids. Pour les sacs à dos minimalistes, c'est le candidat idéal.
Tu veux un tout-en-un, mais sans hybride
Un bridge peut faire mieux en portée pour moins cher — voir notre guide des bridges superzoom. Et chez Micro 4/3, l'Olympus 12-200 couvre l'équivalent 24-400 mm dans un format plus compact.
Point de vigilance : à lumière et vitesse identiques, passer de f/6,3 à f/8 coûte environ deux tiers de stop, donc une sensibilité environ 1,6 fois plus élevée. Exemple : un sujet qui demande 1/1000 s en fin de journée peut faire grimper l'ISO très haut, alors qu'un monument immobile photographié au 1/30 s stabilisé restera à une sensibilité raisonnable. Vérifie que ton boîtier encaisse bien la montée en sensibilité avant de tout miser sur un seul objectif.
Pour qui ce n'est pas fait
- Les amateurs de bokeh crémeux en toutes circonstances : aux focales courtes et moyennes, à f/6,3-8, l'arrière-plan reste souvent lisible. À 300-400 mm, un sujet proche devant un fond éloigné peut en revanche être bien isolé — Nikon le met d'ailleurs en avant pour le Z 28-400 — mais la douceur du flou n'égalera pas celle d'une optique lumineuse
- Les photographes de concert ou d'intérieur sombre : la lumière manque
- Les pixel-peepers sur capteur 45 MP et plus : les bords trahissent le compromis optique
- Ceux qui ont déjà un 24-70 et un 70-200 : le gain de polyvalence ne justifie pas la régression optique
Le verdict de la rédac
Le Nikon Z 28-400mm f/4-8 VR est le superzoom le plus ambitieux du marché hybride plein format, et les tests convergent : bon piqué au centre, AF fiable, tropicalisation, 400 mm dans 725 g. Ses défauts — f/8 dès 190 mm, bords mous, vignetage — sont ceux de la catégorie, poussés un cran plus loin par sa portée. Pour un photographe Nikon qui veut un unique objectif de voyage avec une vraie capacité animalière, c'est le choix évident. À prix réduit, l'équation devient franchement intéressante.
Le Canon RF 24-240 reste un excellent compagnon malgré son âge, à condition d'accepter sa dépendance aux corrections logicielles et l'absence de joints. Le Tamron 28-300, lui, est le meilleur compromis poids/portée pour un utilisateur Sony.
Notre avis tranché : si tu ne sais pas si tu as besoin de 400 mm, tu n'en as probablement pas besoin — regarde le Z 24-200. Si tu sais, fonce.
Voir le prix actuel du Nikon Z 28-400mm f/4-8 VR sur Amazon
FAQ
Est-ce que le Nikon Z 28-400 est assez lumineux pour la photo animalière ?
En plein jour, oui pour un usage loisir. Attention toutefois : la stabilisation VR compense le bougé du photographe, pas le mouvement du sujet, et n'apporte aucune lumière. Elle permet des vitesses plus lentes sur un animal immobile ; pour un oiseau en vol ou un animal actif, il faut garder une vitesse rapide et accepter la montée en ISO (avec le bruit et la perte de détail qui l'accompagnent, même sur un boîtier récent). À l'aube ou au crépuscule, tu monteras donc vite en ISO. Pour de l'animalier sérieux en basse lumière, le Z 180-600 ou le 100-400 S restent plus adaptés.
Quelle différence entre le Nikon Z 28-400 et le Z 24-200 ?
Le 24-200 est plus compact, plus léger, moins cher, plus large de 4 mm et plus lumineux au téléobjectif. Le 28-400 double la portée maximale. Selon Cameralabs, le 24-200 est aussi légèrement plus piqué, sauf à la focale courte.
Peut-on utiliser le Nikon Z 28-400 sur un boîtier APS-C ?
Oui, il fonctionne sur les Z50 II, Z fc ou Z30, où il équivaut à environ 42-600 mm. Sa stabilisation optique est alors précieuse sur les boîtiers sans stabilisation capteur.
Pourquoi un superzoom plutôt que deux zooms ?
Pour la légèreté et la réactivité : pas de changement d'objectif, pas de poussière sur le capteur, un seul filtre. Deux zooms offrent plus de lumière et de piqué, mais pèsent souvent deux à trois fois plus lourd selon les comparaisons de Cameralabs.
Est-ce que le Tamron 28-300 existe en monture Nikon Z ou Canon RF ?
Non, le Tamron 28-300mm f/4-7.1 Di III VC VXD est uniquement disponible en monture Sony E à ce jour.
Sources citées
- TechRadar — Nikon Z 28-400mm f/4-8 VR review
- Photography Blog — Nikon Z 28-400mm f/4-8 VR Review
- Cameralabs — Nikon Z 28-400mm f4-8 VR review
- Phototrend — Prise en main Nikon Nikkor Z 28-400 mm f/4-8 VR
- TechRadar France — Test du Nikon Z 28-400mm f/4-8 VR
- Cameralabs — Canon RF 24-240mm f4-6.3 IS USM review
- Digital Camera World — Tamron 28-300mm f/4-7.1 Di III VC VXD review
- Nikon France — Les chiffres du nouveau NIKKOR Z 28-400mm f/4-8 VR
- Canon Australie — Les bases du triangle d'exposition
- Nikon — Technologie de stabilisation d'image