Imprimante photo A3+ à la maison : PIXMA PRO-200S, EcoTank ET-14100 ou SureColor SC-P700 ?
Trois imprimantes A3+, trois philosophies : 8 encres colorants chez Canon, 4 encres à réservoir chez Epson, 10 encres pigmentaires pour le fine art. La rédac tranche selon le papier que vous utilisez vraiment.
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La Canon PIXMA PRO-200S vient de tomber d'environ −19 % sur Amazon et l'Epson EcoTank ET-14100 touche son plus bas historique. Deux imprimantes A3+, deux philosophies opposées, et une question que la rédac voit revenir en boucle : imprimer soi-même ses photos en grand format a-t-il encore du sens en 2026, ou vaut-il mieux continuer à envoyer ses fichiers au labo ?
La réponse tient en une phrase : tout dépend du papier sur lequel tu tires. Derrière les arguments marketing se cache une ligne de fracture que personne ne t'explique en rayon : colorant et pigment ne visent pas le même usage et ne rendent pas la même chose sur un mat.
On a épluché les tests de Tom's Guide, Digital Camera World, ITPro, TechRadar, Cameralabs et Arnaud Frich pour départager trois machines A3+ : la Canon PIXMA PRO-200S (8 encres colorants), l'Epson EcoTank ET-14100 (4 encres, réservoirs) et l'Epson SureColor SC-P700 (10 encres pigmentaires). Spoiler : deux de ces machines sont des imprimantes photo qui visent des usages différents, la troisième n'en est pas une.
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Colorant ou pigment : la seule spec qui compte vraiment
Avant de comparer des vitesses d'impression que personne ne chronomètre, il faut comprendre ce qui sépare les deux familles d'encre. Arnaud Frich, référence francophone en gestion des couleurs, résume le clivage sans détour : les encres pigmentaires offrent « une résistance à la lumière » nettement supérieure, avec des tirages « certifiés jusqu'à 200 ans », là où les colorants coûtent moins cher mais se « délavent plus vite sous l'action des UV ».

Concrètement, ça donne deux profils d'usage :
- Encre à colorants (PIXMA PRO-200S, EcoTank ET-14100) : le colorant pénètre sous la couche de surface du papier. Brillants éclatants, séchage quasi instantané, zéro bronzing sur glacé. En revanche la tenue plafonne autour du siècle en album, et sur les papiers mats et fine art le pigment garde un avantage sur la densité des noirs.
- Encre pigmentaire (SureColor SC-P700) : le pigment reste en surface. Papiers mats, supports d'art texturés et noir et blanc neutres deviennent possibles, la longévité grimpe, mais le coût à la feuille explose.
Le second critère, c'est le nombre d'encres. Frich est clair là aussi : quatre cartouches donnent des dégradés moins progressifs, six minimum améliorent le rendu couleur, et il faut huit à douze encres — avec des gris dédiés — pour obtenir « des tirages noir et blanc vraiment neutres ». C'est exactement la hiérarchie de nos trois candidates.
Si tu imprimes du noir et blanc sérieusement, une quadrichromie ne suffira jamais. Il te faut des encres grises, point.
Canon PIXMA PRO-200S : la référence du brillant
La PRO-200S a remplacé la PRO-200 début 2025 — cette dernière est arrêtée, donc pas de fausse bonne affaire à chercher du côté de l'ancien modèle. Les différences sont minces : Printerbase relève un Wi-Fi qui accroche le meilleur signal disponible, le support WPA3 et une gestion des profils ICC simplifiée. Le châssis, lui, n'a pas bougé (14,1 kg, 63,9 cm de large).
Côté résultats, les testeurs sont unanimes. Digital Camera World lui colle 5 étoiles et tranche : « pour des tirages couleur vibrants sur papier glacé et lustré, je pense que rien ne bat la Canon Pixma Pro-200S », avec des tirages « secs au toucher dès leur sortie ». Tom's Guide, qui lui décerne son Editor's Choice, chronomètre un A3+ couleur sans marges en 1 min 58 s.
Ce que les tests lui reprochent
- Le rendement d'encre : les cartouches CLI-65 ne contiennent que 12,6 ml. Tom's Guide calcule environ 139 tirages A3+ monochromes par jeu complet de huit cartouches.
- Les papiers mats et fine art : Canon liste explicitement la PRO-200S comme compatible avec les supports fine art, brillants et panoramiques — elle imprime donc bien sur ces papiers. Mais Digital Camera World juge la formulation à colorants « moins idéale pour le papier photo mat et les supports fine art » et oriente vers la Pro-310 pigmentaire. Ce n'est pas une impossibilité technique, c'est un écart de rendu : une pigmentaire tient mieux la densité des noirs sur mat et vieillit mieux. Le résultat dépend surtout du couple encre/papier, et vaut la peine d'être testé sur le papier que tu utilises réellement.
- La longévité : les encres Chroma Life 100+ tiennent plus de 100 ans en album, contre 200 ans et plus pour une pigmentaire.
Un point que la rédac tient à signaler : certaines fiches revendeurs annoncent un recto-verso automatique et un format « A3 » pour la PRO-200S. C'est faux sur les deux tableaux — c'est une A3+ (jusqu'à 33 × 48 cm, et 33 × 99 cm en panoramique), et le recto-verso automatique n'a aucun sens ici. Fie-toi à la fiche Canon officielle, pas au descriptif marchand.
Epson EcoTank ET-14100 : imbattable au coût, mais ce n'est pas une imprimante photo
L'argument fait mouche : réservoirs rechargeables, jusqu'à trois ans d'encre dans la boîte, et un coût à la page qu'ITPro chiffre à 0,15 penny en noir et 0,25 penny en couleur — « l'un des coûts à la page les plus bas que tu trouveras ». TechRadar Pro enfonce le clou avec 90 % d'économie annoncée face aux machines à cartouches.
Sauf que l'ET-14100 est une quadrichromie à colorants, sans scanner, sans Ethernet, sans recto-verso automatique et avec un unique bac arrière de 100 feuilles. ITPro reconnaît « d'excellents résultats pour un appareil à quatre encres » et TechRadar la trouve « plus nette que la plupart » de ses rivales A3, mais les deux la classent comme machine de graphiste — pas comme imprimante de tirage photo.
L'EcoTank ET-14100 est la bonne réponse à la mauvaise question : elle optimise le coût au volume, pas la qualité du tirage.
Si le réservoir te séduit mais que tu veux vraiment tirer des photos, le bon modèle est l'EcoTank ET-18100, sa cousine à six encres. Cameralabs y relève « une excellente qualité sur les tirages de test, surtout alimentée en papier photo glacé », pour environ 1,50 £ le A3+, tout en notant l'absence d'encre grise dédiée.
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Epson SureColor SC-P700 : le pigment pour ceux qui vendent leurs tirages
C'est la seule des trois à jouer dans la catégorie fine art : dix cartouches pigmentaires UltraChrome Pro10, dont deux gris dédiés au noir et blanc et une encre violette qui élargit le gamut d'environ 6 %. Arnaud Frich la qualifie de « nouvelle référence en format A3+ » et salue une avancée pratique majeure : la fin de la purge d'encre noire au changement de type de papier.
« La profondeur des noirs sur papiers mats ou couchés est tangible » — Arnaud Frich, Guide de la gestion des couleurs
Le revers est brutal : des cartouches de 25 ml qui génèrent, selon Frich, un « coût à la feuille très élevé », des cartouches de mise en service qui ne tiennent que 15 à 20 A4, un chargement des papiers épais laborieux et des finitions plastique sur les parties mobiles. Sans parler d'un prix d'achat qui la place dans une autre catégorie budgétaire.
Le comparatif point par point
| Critère | Canon PIXMA PRO-200S | Epson EcoTank ET-14100 | Epson SureColor SC-P700 |
|---|---|---|---|
| Nombre d'encres | 8 | 4 | 10 |
| Type d'encre | Colorant | Colorant | Pigmentaire |
| Encres grises dédiées | 1 (gris) | Aucune | 2 (gris + gris clair) |
| Format max | A3+ / 33 cm | A3+ | A3+ / 33 cm |
| Panoramique | Jusqu'à 33 x 99 cm | Non | Oui (porte-rouleau) |
| Consommables | Cartouches 12,6 ml | Flacons 65-70 ml | Cartouches 25 ml |
| Coût au tirage | Eleve | Tres bas | Tres eleve |
| Papiers mats / fine art | Possible (Canon annonce la compatibilité fine art), noirs moins denses qu'en pigment | Non conçue pour | Excellent |
| Papiers glaces | Excellent | Correct | Tres bon |
| Noir et blanc neutre | Bon | Non | Excellent |
| Longevite annoncee | 100 ans+ en album | Non communiquee | 200 ans+ |
| Connectivite | Wi-Fi, Ethernet, USB | Wi-Fi, USB | Wi-Fi, Ethernet, USB |
| Vitesse A3+ couleur | ~2 min | 8 ppm (bureautique) | ~3 min |
| Poids | 14,1 kg | 6,4 kg | ~15 kg |
Précision sur la ligne « vitesse » : les 8 pages/minute de l'ET-14100 sont mesurées en mode bureautique sur papier ordinaire, pas en qualité photo. Comparer ce chiffre aux deux minutes de la PRO-200S en A3+ n'aurait aucun sens.
Le coût au tirage, ce que personne ne calcule avant d'acheter
C'est le poste qui fait basculer les décisions, et il n'apparaît jamais sur l'étiquette. Avant les ordres de grandeur, une mise en garde : le coût à la page bureautique annoncé par les constructeurs ne sert à rien pour comparer des tirages photo. Il est mesuré sur des pages standardisées à faible couverture. Un A3+ photo couvre environ dix fois la surface d'une page A4 de texte, à saturation d'encre. Les deux chiffres ne sont pas dans la même unité de mesure ; les comparer fausse tout arbitrage. Ce qu'on peut dire, en restant honnête :

- ET-14100 : le moins cher des trois à l'usage, mais attention au chiffre qu'on lit partout. Les 5 600 pages couleur annoncées par Epson sont un rendement en pages standard, mesuré sur des documents bureautiques à faible couverture d'encre. Un tirage photo A3+ couvre toute la surface du papier, souvent à saturation : il consomme sans commune mesure. Impossible, donc, d'en déduire « quelques centimes le A3+ ». Pour un chiffre réel, il faut mesurer la consommation d'encre sur un tirage photo, la multiplier par le prix des flacons, et y ajouter le papier — la rédac n'a trouvé aucune mesure publiée de ce type sur cette machine.
- PRO-200S : Digital Camera World évalue l'encre à environ 1,12 $ le millilitre, soit un tarif au ml comparable à celui de la Pro-310 pourtant bien plus chère à l'achat. Avec 12,6 ml par cartouche, le budget grimpe vite.
- SC-P700 : la plus chère à la feuille des trois, sans discussion.
Quant au seuil de rentabilité face à un laboratoire en ligne, il n'existe pas de chiffre universel : il dépend du prix d'achat de la machine, du papier, des encres, de la maintenance, du format des tirages et du tarif du labo. En revanche, le calcul se pose toujours de la même façon, et tu peux le faire en cinq minutes avec tes propres chiffres :
- Coût maison d'un tirage = encre consommée sur ce format × prix au ml + prix de la feuille + une marge pour les essais ratés (compte au moins un tirage perdu sur cinq au début, le temps de caler ton profil ICC).
- Coût labo du même tirage = tarif au format + frais de port, divisé par le nombre de tirages par commande.
- Nombre de tirages avant rentabilité = prix d'achat de l'imprimante ÷ (coût labo − coût maison).
Un exemple pour fixer les idées, avec des hypothèses volontairement explicites et à remplacer par les tiennes : sur une PRO-200S achetée 500 €, avec l'encre à environ 1,12 $ le ml relevée par Digital Camera World et une feuille A3+ glacée de qualité autour de 1,50 €, un tirage maison revient à quelques euros de consommables. Si ton labo facture le double, il faut alors plusieurs centaines de tirages pour amortir la machine seule. Conclusion pratique : on n'achète pas une A3+ pour économiser, on l'achète pour maîtriser le papier, le profil ICC et le moment du tirage. Si l'argument financier est ton seul moteur, le labo gagne presque toujours.
Un dernier facteur, non chiffrable celui-là : une machine qui ne sert pas se bouche. Cameralabs le rappelle pour les EcoTank, et Frich note un avantage structurel de Canon, avec un « système de buses thermiques qui se bouchent beaucoup moins facilement ». Une imprimante utilisée par séries régulières vieillit mieux qu'une imprimante réveillée deux fois par an.
Pour qui c'est fait, pour qui ça ne l'est pas
- PIXMA PRO-200S si tu tires surtout en couleur sur glacé ou lustré — portrait, paysage saturé, tirages d'exposition sous verre — et si le panoramique jusqu'à 99 cm t'intéresse. À condition d'assumer le budget encre.
- EcoTank ET-14100 si ton besoin réel est le volume : planches contact, book de sélection, tirages de travail, affiches de club photo. La qualité sera « bonne », pas irréprochable.
- SureColor SC-P700 si tu vends ou exposes tes tirages, si tu travailles le noir et blanc sur baryté ou papier texturé, et si le coût à la feuille passe après le rendu.
Dans tous les cas, une étape reste non négociable avant le premier tirage : calibrer son écran. Tu peux imprimer sur la meilleure machine du monde, si ton écran ment, tes tirages mentiront aussi — on détaille ça dans notre guide sur les espaces colorimétriques et le calibrage d'écran.
Le verdict de la rédac
Ce comparatif oppose trois machines A3+ sur le papier, mais seulement deux imprimantes photo dans les faits : la PRO-200S, taillée pour le tirage couleur sur glacé, et la SC-P700, taillée pour le mat et le fine art. L'ET-14100, elle, est une machine de volume et de bureautique à bas coût d'usage, qui sait dépanner en photo sans être conçue pour ça. La PIXMA PRO-200S est la seule des trois à offrir un vrai rapport qualité-prix photo : huit encres, un rendu sur glacé que Digital Camera World juge indétrônable, une vitesse qui permet d'enchaîner une série de A3+ en une soirée. C'est notre recommandation par défaut pour l'amateur avancé qui veut voir ses images sur papier plutôt que sur Instagram.
L'EcoTank ET-14100 ne devrait pas être achetée pour faire de la photo, malgré le mot « photo » qui traîne dans certains descriptifs marchands. Excellente machine A3+ à bas coût d'usage, mauvaise imprimante de tirage. Si le réservoir t'attire vraiment, l'ET-18100 à six encres est la porte d'entrée cohérente — pas celle-ci.
La SureColor SC-P700 reste la référence dès qu'on touche au mat, au fine art et au noir et blanc neutre, mais elle s'adresse à ceux pour qui le tirage est un produit fini, pas un plaisir du dimanche. Au fond, il n'y a pas de gagnant absolu ici : il y a le papier que tu utilises. Choisis le papier d'abord, l'imprimante ensuite.
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FAQ
Quelle différence entre encre pigmentaire et encre à colorants pour un tirage photo ?
Le colorant pénètre dans le papier et donne des couleurs éclatantes sur support glacé, avec séchage immédiat. Le pigment reste en surface, tient beaucoup mieux aux UV (jusqu'à 200 ans annoncés contre une centaine) et rend correctement sur mat ou fine art, au prix d'un coût à la feuille nettement supérieur.
Est-ce que l'Epson EcoTank ET-14100 est une vraie imprimante photo ?
Non, pas au sens d'un photographe. C'est une quadrichromie à colorants, sans encre grise, conçue pour le volume et le coût à la page. ITPro et TechRadar la jugent bonne pour un modèle à quatre encres mais la classent comme machine de graphiste. Pour un EcoTank orienté photo, vise l'ET-18100.
La Canon PIXMA PRO-200S est-elle inadaptée au papier mat ?
Elle ne l'est pas : Canon l'annonce compatible avec les supports fine art, et elle imprime dessus. C'est une question de rendu, pas de possibilité. Ses encres à colorants sont formulées pour être absorbées sous la couche protectrice des papiers glacés et lustrés ; sur un mat ou un fine art texturé, cette couche n'existe pas et le noir gagne moins en densité qu'avec une pigmentaire. Digital Camera World oriente d'ailleurs vers un modèle pigmentaire pour ces papiers. Si le mat est ton support principal, une SC-P700 ou une Pro-310 te donnera des noirs plus profonds et une meilleure conservation ; si c'est un usage occasionnel, fais un essai avant de changer de machine.
Combien de tirages A3 faut-il faire par an pour rentabiliser une imprimante photo ?
Il n'y a pas de seuil universel : le calcul dépend du prix de la machine, du papier, des encres, du format et du tarif de ton labo. La bonne méthode est de diviser le prix d'achat de l'imprimante par l'économie réalisée sur un tirage (coût labo moins coût maison, essais ratés compris) : tu obtiens le nombre de tirages à faire avant d'être à l'équilibre. Dans la plupart des configurations, ce nombre se compte en centaines. L'achat se justifie donc d'abord par le contrôle du papier, du profil ICC et du moment du tirage — et par le fait qu'une machine inutilisée finit par boucher ses buses.
Faut-il calibrer son écran avant d'imprimer ?
Oui, c'est la première dépense à faire avant même d'acheter une imprimante. Sans calibrage, tout réglage se fait à l'aveugle et tu gaspilleras plus d'encre en tirages ratés que le prix d'une sonde.
Sources citées
- Tom's Guide — Canon PIXMA Pro-200S review
- Digital Camera World — Canon Pixma Pro-200S review
- ITPro — Epson EcoTank ET-14100 review
- TechRadar Pro — Epson EcoTank ET-14100 review
- Cameralabs — Epson EcoTank ET-18100 review
- Arnaud Frich — Test de l'imprimante Epson SureColor SC-P700
- Arnaud Frich — Comment choisir son imprimante photo
- Epson Europe — Fiche technique EcoTank ET-14100
- Printerbase — Differences between Canon PIXMA PRO-200S and PRO-200
Sur le format poche et l'impression depuis un smartphone, voir notre tuto sur les tirages photo de poche et notre guide des imprimantes photo portables.