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Test SIRUI 24 mm f/2,8 anamorphique 1,33x : le cinémascope à petit prix pour Nikon Z APS-C

Flares bleus, format 2,4:1 sans recadrage et fût tout métal : le SIRUI 24 mm f/2,8 1,33x reste le ticket d'entrée le plus abordable dans l'anamorphique sur Nikon Z. Mais son bokeh ovale timide et son poids ne conviendront pas à tout le monde.

Par Jean-Philippe • • 11 min de lecture
SIRUI 24 mm F2.8 Anamorphic 1.33x noir, avec bagues de mise au point et d’ouverture ; monture non visible
SIRUI 24 mm F2.8 Anamorphic 1.33x noir, avec bagues de mise au point et d’ouverture ; monture non visible

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L'anamorphique, longtemps, c'était le club très fermé des loueurs de caméras et des productions à budget à six chiffres. Puis SIRUI est arrivé avec une gamme d'optiques 1,33x pour hybrides APS-C vendues au prix d'un bon zoom amateur. Le SIRUI 24 mm f/2,8 Anamorphique 1,33x est le grand-angle de la bande, et il s'affiche en ce moment autour de 330 € sur Amazon en monture Nikon Z, soit une fraction des quelque 750 $ annoncés à son lancement début 2021 selon Newsshooter.

Bonne affaire ou vieux stock à écouler ? La rédac Conseils Photos a épluché les essais publiés (DPReview, Sony Alpha Blog, Fenchel & Janisch) et recoupé les fiches techniques — qui se contredisent parfois, on y revient. Spoiler : c'est un excellent ticket d'entrée dans le monde du format large, à condition de savoir exactement ce qu'on achète. Et surtout ce qu'on n'achète pas.

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Ce qu'est (vraiment) ce SIRUI 24 mm

Petit rappel du principe : un objectif anamorphique « écrase » l'image horizontalement sur le capteur. Au montage (ou sur un moniteur capable de désanamorphoser), on l'étire à nouveau pour récupérer un champ plus large. Avec un facteur de 1,33x, une vidéo 16:9 devient un cinémascope d'environ 2,4:1, sans recadrer en haut et en bas. En prime, on hérite des signatures du genre : flares horizontaux, bokeh ovale, distorsion caractéristique.

Schéma du même paysage comprimé en 16:9 puis étiré horizontalement 1,33 fois, au ratio 2,364:1
À partir du 16:9, une désanamorphose 1,33× donne environ 2,36:1. La hauteur est conservée ; 2,4:1 est un arrondi, et une livraison à un ratio précis peut demander un ajustement. Schéma pédagogique, pas une prise de vue de l’objectif.

Les specs, recoupées

Attention, la fiche produit qui circule chez certains revendeurs mélange un peu tout (on y lit même que l'objectif est « conçu pour les hybrides plein format » et qu'il offre « un angle de 33° »). Voici ce que disent les sources sérieuses :

  • Couverture : APS-C / Super 35 uniquement. Sur un Nikon Z plein format (Z5, Z6, Z7, Z8, Z9…), il faut passer en mode DX.
  • Formule optique : 13 éléments en 10 groupes, diaphragme à 8 lamelles, de f/2,8 à f/16 (Newsshooter, B&H).
  • Champ horizontal : jusqu'à 33 % plus large qu'un 24 mm sphérique APS-C — c'est sans doute de là que vient le fameux « 33° » erroné. Sur Nikon DX (facteur nominal 1,5×), le calcul géométrique donne 24 × 1,5 / 1,33 ≈ 27 mm en équivalent plein format sur l'axe horizontal, et environ 36 mm sur l'axe vertical — un ordre de grandeur cohérent avec l'estimation de DPReview. Ce sont des équivalences de champ calculées, pas des focales physiques ni une mesure de laboratoire : le cadrage n'équivaut pas à celui d'un objectif sphérique unique sur les deux axes.
  • Mise au point : 100 % manuelle, course de 189,6°, distance minimale de 0,6 m depuis le plan capteur, selon le manuel SIRUI et la fiche B&H de la version Nikon Z.
  • Poids : de 770 g en Micro 4/3 à 810 g en monture Nikon Z, la plus lourde de la gamme.
  • Filtres : filetage 72 mm.
  • Électronique : aucune. Pas de contacts, pas d'EXIF, pas de stabilisation.

Les forces : un vrai look ciné pour le prix d'un fixe lumineux

Une netteté qui surprend

Damien Demolder, sur DPReview, a été franchement impressionné : l'objectif « rend assez de détail même pour une prise de vue en haute résolution » sur un Lumix G9, avec seulement une légère séparation chromatique en s'éloignant du centre. Sony Alpha Blog parle de son côté d'une netteté « très bonne à excellente ». Pour de la vidéo 4K, c'est largement suffisant.

Les flares bleus, la signature maison

Les points lumineux se transforment très facilement en traînées horizontales bleues, ce que SIRUI vend comme ses flares « sci-fi ». DPReview apprécie aussi le flare général, qui baisse doucement le contraste et diffuse la lumière de façon homogène. Fenchel & Janisch le résument bien : sans flare visible, l'image ne paraît pas forcément anamorphique.

« Une très jolie optique à utiliser, qui donne des résultats plaisants. » — Damien Demolder, DPReview, qui la juge néanmoins moins spectaculaire que les autres focales de la gamme.

Construction et ergonomie vidéo

  • Fût entièrement métallique, bagues finement striées.
  • Longue course de mise au point (près de 190°), appréciable pour un follow-focus. Bémol relevé par Sony Alpha Blog sur son exemplaire : la bague de mise au point est trop souple et peut bouger au moindre contact, ce qui complique les bascules de point à la main — un follow-focus ou un repère de point aide.
  • Très peu de respiration à la mise au point selon Sony Alpha Blog — un vrai plus en vidéo.
  • Vignetage : quasi inexistant d'après DPReview, mais sur des boîtiers Lumix Micro 4/3, dont le capteur n'exploite pas tout le cercle image. Sur un A6600 APS-C, format proche du Nikon DX visé ici, Sony Alpha Blog constate un vignetage visible à pleine ouverture, qui devient négligeable vers f/5,6.

Les limites : là où le 24 mm déçoit

Un bokeh ovale… timide

C'est la principale réserve de tous les testeurs. À 24 mm et f/2,8, avec une mise au point minimale à 60 cm, la profondeur de champ reste généreuse. DPReview note que les sources lumineuses défocalisées de l'arrière-plan ne donnent qu'« une impression de cercles écrasés », loin des ovales marqués des 35 mm et 50 mm f/1,8 de la même gamme. Fenchel & Janisch recommandent d'ailleurs ces deux focales à ceux qui veulent du flou d'arrière-plan.

Distorsion et facteur variable en proxi

Comparaison géométrique d’un cercle, de sa compression horizontale à 1,25× et de son étirement à 1,33×, qui le rend 6,4 % trop large
En proxi, un facteur réel de 1,25× désanamorphosé à 1,33× élargit les proportions de 6,4 %. DPReview observe environ 1,25× à courte distance sur ce 24 mm ; vérifier le facteur à la distance de tournage. Schéma géométrique, pas une mesure de laboratoire.
  • Distorsion en barillet marquée, identique à f/2,8 et f/8 selon Fenchel & Janisch, classée en point faible par Sony Alpha Blog.
  • Facteur d'anamorphose qui dérive : DPReview mesure environ 1,25x à la distance minimale. Désanamorphoser à 1,33x pile allonge alors légèrement les visages.
  • Poids : plus de 800 g en monture Z, c'est lourd sur un Z50 II ou un Zfc, et plus encombrant que le 50 mm de la gamme.

Le piège Nikon Z : pas de désanamorphose à l'écran

Fenchel & Janisch rappellent que la plupart des boîtiers ne proposent pas de mode anamorphique. Chez Nikon, YM Cinema indique que l'affichage désanamorphosé est seulement en développement pour le ZR, avec un firmware visé pour 2027. En attendant, il faudra cadrer une image compressée ou passer par un moniteur externe qui gère le 1,33x. Sans oublier qu'aucun contact électronique ne signale l'objectif au boîtier : sur un hybride plein format, le recadrage DX se règle à la main.

Alerte compatibilité : ne monte pas cet objectif sur un Z6 ou un Z9 en mode FX en espérant couvrir tout le capteur. Son cercle image est prévu pour l'APS-C — mode DX obligatoire.

Si tu débutes dans le format, notre guide pratique pour tourner en anamorphique sur hybride Nikon Z détaille tout le workflow (réglages, désanamorphose en post-production, cadrage).

Face à son concurrent direct : le Laowa Nanomorph 27 mm T2,8 1,5x

Le rival naturel, c'est le Laowa Nanomorph 27 mm T2,8 S35, lui aussi proposé en monture Nikon Z. Plus compact, plus anamorphique (1,5x), avec le choix de la couleur des flares… mais facturé autour de 999 $ chez Adorama.

CritèreSIRUI 24 mm f/2,8 1,33xLaowa Nanomorph 27 mm T2,8 1,5x
Facteur d'anamorphose1,33x1,5x
CouvertureAPS-C / S35S35
Ouverturef/2,8 – f/16T2,8 – T16
Formule optique13 éléments / 10 groupes15 éléments / 13 groupes
Mise au point mini0,6 m0,43 m
Longueur128 mm (Z)90 mm
Poids810 g (Z)Nettement plus léger
Filetage filtre72 mm55 mm
Couleur des flaresBleuAmbre, bleu ou argent
Positionnement prixEntrée de gammeEnviron 3x plus cher

Concrètement, le Laowa est l'outil des vidéastes qui tournent sur gimbal ou en déplacement : le gain de taille et de poids est spectaculaire, et le 1,5x donne un effet plus prononcé. Le SIRUI, lui, mise tout sur le rapport prix/look : pour le tiers du budget, on obtient l'essentiel de l'esthétique anamorphique, un fût métal robuste et une bague de mise au point taillée pour le follow-focus.

Pour qui c'est fait, pour qui ça ne l'est pas

Fait pour toi si…

  • Tu filmes sur un Nikon Z APS-C (Z50, Z50 II, Zfc, Z30) ou acceptes le mode DX sur un plein format.
  • Tu veux tester l'anamorphique pour des clips, des courts-métrages ou du contenu « cinématique » sans engager 1000 €.
  • Tu as besoin d'un grand-angle pour des plans d'ensemble, de l'architecture ou des intérieurs serrés.
  • Tu travailles avec un moniteur externe ou tu désanamorphoses au montage sans rechigner.

Passe ton chemin si…

  • Tu cherches un bokeh ovale bien marqué : vise plutôt le 35 mm ou le 50 mm f/1,8 de la même gamme.
  • Tu tournes du documentaire ou du corporate rapide : Fenchel & Janisch le déconseillent pour ces usages.
  • Tu veux l'autofocus, la stabilisation ou des EXIF : il n'a rien de tout ça.
  • Tu tournes principalement sur gimbal léger : 810 g en bout de monture, ça se sent.

Le verdict de la rédac

Le SIRUI 24 mm f/2,8 1,33x n'est pas le plus spectaculaire des anamorphiques, et les testeurs le disent sans détour : bokeh ovale discret, distorsion marquée, facteur qui dérive en proxi. Mais il fait l'essentiel de ce qu'on attend de lui. Le format cinémascope sans recadrage, les flares bleus qui partent au quart de tour et une netteté jugée très bonne par DPReview comme par Sony Alpha Blog : pour un grand-angle anamorphique à ce tarif, la concurrence neuve se compte sur les doigts d'une main.

À environ 330 €, c'est un objectif d'apprentissage et de création de premier ordre pour un vidéaste Nikon Z APS-C. Petite honnêteté au passage : il date de 2021 et son prix a beaucoup baissé partout, y compris outre-Atlantique — compare avant de te jeter dessus. Et si ton rêve, c'est le bokeh ovale à la Blade Runner, ce n'est pas lui qu'il te faut.

En une phrase : le grand-angle anamorphique le plus accessible du marché pour Nikon Z APS-C, à réserver aux plans larges et aux amateurs de flares, pas aux chasseurs de bokeh.

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FAQ

Est-ce que le SIRUI 24 mm anamorphique fonctionne sur un Nikon Z plein format ?

Oui, mais uniquement en mode DX. Son cercle image est conçu pour l'APS-C / Super 35 : en mode FX, les coins vignettent fortement. Comme l'objectif n'a aucun contact électronique, le boîtier ne bascule pas automatiquement en DX, il faut régler la zone d'image à la main.

Quelle différence entre un anamorphique 1,33x et 1,5x ?

Le facteur indique de combien l'image est compressée horizontalement. En 1,33x, une vidéo 16:9 donne environ du 2,4:1 sans recadrage. Un 1,5x accentue l'effet (bokeh plus ovale, champ plus étiré) : sur une vidéo 16:9, il produit du 2,67:1, qu'on peut tout à fait livrer tel quel. C'est seulement pour livrer en 2,39:1 ou 2,4:1 qu'il faut ajuster le cadrage, par un léger recadrage latéral, ou choisir une fenêtre d'enregistrement plus haute (4:3, open gate).

Peut-on utiliser le SIRUI 24 mm anamorphique en photo ?

Oui, mais il faudra étirer chaque fichier de 33 % en largeur dans un logiciel de retouche, et la mise au point est 100 % manuelle. Sony Alpha Blog le juge moins adapté à la photo qu'à la vidéo ; il peut néanmoins donner un rendu original en paysage urbain ou en architecture.

Pourquoi le bokeh du SIRUI 24 mm est-il moins ovale que celui des autres anamorphiques ?

Parce qu'un 24 mm ouvert à f/2,8 avec une mise au point minimale de 60 cm génère peu de flou d'arrière-plan. Moins de flou, donc moins de hautes lumières ovales visibles. DPReview et Fenchel & Janisch conseillent le 35 mm ou le 50 mm f/1,8 de la gamme pour un effet plus marqué.

Faut-il un moniteur externe pour filmer en anamorphique avec un Nikon Z ?

C'est fortement conseillé. À l'heure actuelle, Nikon n'a annoncé la désanamorphose à l'écran que pour un futur firmware du ZR, visé pour 2027 selon YM Cinema. Sans moniteur compatible, tu cadres une image compressée horizontalement, ce qui demande un temps d'adaptation.

Sources citées

#aps-c #nikon #anamorphique #video #objectif cinema #sirui

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